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A Gaza, Ahmad, 2 ans, répète en boucle "J'ai peur, j'ai peur"

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Par Laurence Alexandrowicz
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Ahmad, survivant de Gaza, 2 ans
Ahmad, survivant de Gaza, 2 ans   -   Tous droits réservés  AFP

Ils sont tout petits, et expriment leur peur de mourir. Les bombardements israéliens se sont tus, mais les enfants de Gaza vivent encore avec la mort. Dans cette famille, réfugiée chez le grand-père, deux fillettes ont été tuées dans l'explosion de leur immeuble. Les frères et soeurs tentent de se consoler. Il faut s'occuper surtout d'Ahmad , 2 ans. Blessé au pied et à la main, il répète en boucle qu'il a peur.

Sa soeur Maïssa, 22 ans, essaye de le rassurer, comme elle l'a fait pendant la frappe : "Je ne leur disais pas "n'aie pas peur". Je leur disais "ce n'est rien, rien ne se passe, je suis près de vous. \_Mais Ahmad répétait "J'ai peur j'ai peur". Je lui ai dit que c'était des ballons gonflables qui éclataient, qu'il ne fallait pas avoir peur. Mais il ne cessait de dire "j'ai peur", alors je n'ai pas arrêté de le serrer dans mes bras"._

La famille logeait dans un immeuble qui est désormais un tas de pierre. Tous ont été retirés des décombres, mais pas tous vivants. 42 corps inanimés ont été découverts.

"J'étais coincée près de Maïssa, sous les gravats. J'avais peur. J'appelais les gens : Venez nous aider! ", raconte Maram, la soeur de 7 ans.

Selon le psychologue palestinien Mohammed Abu Sabeh, cette violence subie ne peut que fabriquer de la haine et de l'agressivité chez cette génération dans le futur.

"En tant qu'expert, je suis sûr que 100% des enfants dans la bande de Gaza souffrent de troubles d'adaptation, dont les symptômes sont la dépression, l'anxiété, et des troubles du comportement."

Pendant une nuit de bombardement, Zeina, 10 ans, a glissé une lettre sous l'oreiller de sa mère. Elle a écrit "Ma maman chérie, j'ai très peur. Si on doit tous mourir, je veux qu'on soit tous enterrés dans la même tombe et je veux rester dans tes bras".

"Parfois je dors, parfois non, raconte-t-elle. Parfois je dors une heure et après je reste assise, éveillée. Je me sens bizarre, j'ai très peur. Chaque fois qu'il y a un bombardement, j'ai très très peur."

Dans les jeux de Zeina, ce sont les poupées qui tombent sur elle, pas les bombes. 66 enfants ont été tués en 11 jours de frappes.