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Les différends commerciaux ne sont pas encore pleinement enterrés entre l’UE et les Etats-Unis

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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Les différends commerciaux ne sont pas encore pleinement enterrés entre l’UE et les Etats-Unis
Tous droits réservés  KENZO TRIBOUILLARD/AFP or licensors
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C’était l’annonce phare du sommet entre l’Union européenne et les Etats-Unis la semaine dernière. Les deux partenaires ont affirmé vouloir donner un nouvel élan à leurs relations commerciales.

Tous deux saluent la trêve décidée dans le contentieux qui oppose Airbus et Boeing. Mais dans les faits il ne s’agit que d’une suspension de cinq ans des droits de douanes. Ces taxes sont évaluées à 10 milliards d’euros et frappent des produits tels que le vin européen ou le tabac américain.

Ce délai doit permettre de trouver une solution à long terme. Autrement dit, le différend commercial n’est pas terminé et l’industrie européenne appelle donc à agir vite. "Je pense que les deux ensembles commerciaux doivent continuer à négocier pour trouver des solutions car nous ne pouvons pas continuer comme ça pour les 10 années à venir", explique Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.

Les progrès concrets sont aussi faibles sur l’épineuse question des taxes américaines sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance d’Europe. L’ancien président américain, Donald Trump, avait déterré une arme juridique de 1962 peu employée en pleine guerre froide. Ce texte permet d’imposer des droits de douane au nom de la sécurité nationale. L’enjeu est donc la levée de ces mesures. "Nous avons créé un espace pour trouver une solution en suspendant pendant six mois les contre-mesures européennes. Cela nous donne du temps pour s’assoir et discuter sur les détails afin de trouver une issue", précise Ursula von der Leyen.

L’idée de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année relève d’un vœu pieu pour certains experts. Le vent politique à Washington n’est pas favorable à une telle issue avant les élections de mi-mandat l’année prochaine. "L’acier est une industrie qui joue un rôle politique significatif dans plusieurs districts qui peuvent faire basculer la Chambre des représentants. Les démocrates ne disposent que d’une majorité de six sièges donc ils font ce qu’ils peuvent pour protéger cette avance", analyse Jabob Kirkegaard, chercheur au German Marshall Fund.

L'actuel président américain veut néanmoins une solution rapidement. Joe Biden ne souhaite pas garder un front commercial ouvert inutile avec ses alliés proches. Plutôt que d’envenimer les relations transatlantiques, la Maison Blanche préfère diriger l’attention de chacun sur la Chine. Pékin alimente le marché mondial avec son acier peu cher et de mauvaise qualité. "L’Union européenne et les Etats-Unis sont les deux principaux marchés qui souffrent de la surproduction d’acier provoquée par les aides d’Etat chinoises et les subventions", ajoute Axel Eggert. C’est pourquoi les deux parties se rapprochent de pays comme le Japon et le Canada pour trouver des réponses ensemble. Face à ces nombreux défis les alliés transatlantiques doivent vont donc chercher à passer de la parole aux actes.