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Quatre "mercenaires" tués après l'assassinat du président haïtien, annonce la police

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Par Stephane Hamalian  & Euronews avec AFP
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Quatre "mercenaires" tués après l'assassinat du président haïtien, annonce la police
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Quatre "mercenaires" impliqués dans l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse ont été tués et deux autres ont été arrêtés, a annoncé mercredi soir la police de ce pays des Caraïbes déjà plongé dans une crise profonde, où l'état de siège a été décrété.

Le président Moïse a été tué par un commando armé en pleine nuit à son domicile. Selon le Premier ministre par intérim Claude Joseph, les assaillants étaient "des étrangers qui parlaient l'anglais et l'espagnol".

La police a indiqué mercredi soir avoir poursuivi les membres présumés du commando aussitôt après l'attaque et que les forces de l'ordre continuaient de mener dans la soirée une opération dans les hauteurs de la capitale Port-au-Prince.

"Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle", a déclaré dans une allocution à la télévision le directeur général de la police nationale d'Haïti, Léon Charles. "Trois policiers qui avaient été pris en otage ont été récupérés", a-t-il ajouté.

Aucune autre information sur l'identité ou les motivations des auteurs de l'assassinat n'a été divulguée.

Des mercenaires professionnels

Selon la presse locale citant le juge chargé de l'affaire, la dépouille du président Moïse a été retrouvée criblée de 12 balles, et son bureau et sa chambre ont été saccagés.

Plus tôt, le Premier ministre Claude Joseph avait annoncé dans un discours en créole avoir décidé de "déclarer l'état de siège dans tout le pays", octroyant ainsi des pouvoirs renforcés à l'exécutif pour quinze jours.

Il a promis que "les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu'ils ont fait devant la justice".

Selon l'ambassadeur haïtien aux Etats-Unis, Bocchit Edmond, le commando était composé de mercenaires "professionnels" s'étant fait passer pour des responsables de l'agence américaine antidrogue.

L'épouse du président, Martine Moïse, blessée dans l'attentat qui a eu lieu vers 01H00 locale (05H00 GMT) a été évacuée par avion vers Miami mercredi.

"La Première dame est hors de danger, elle est soignée en Floride, et selon les informations que nous avons, sa situation est stable", a affirmé mercredi soir Claude Joseph à la télévision.

Cet assassinat menace de déstabiliser encore davantage le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire.

Le département d'Etat américain a appelé au maintien des élections législatives et présidentielle en Haïti prévues pour le 26 septembre 2021, avec un second tour le 21 novembre.

Port-au-Prince paralysé

Le Premier ministre haïtien par intérim a par ailleurs appelé la population au calme et fait savoir que la police et l'armée allaient assurer le maintien de l'ordre.

Après l'annonce de l'assassinat, toutes les activités, les commerces et les transports en commun ont été paralysés à Port-au-Prince et dans les villes de province, selon des témoins.

Les rues de la capitale étaient calmes mercredi, sans présence renforcée de la police ou des forces de sécurité.

Le président américain Joe Biden a condamné cet "acte odieux", disant les Etats-Unis prêts à apporter leur aide au pays, et l'Union européenne s'est inquiétée d'une "spirale de violence".

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunira en urgence à huis clos jeudi, s'est dit "profondément choqué" et a réclamé que les auteurs de l'assassinat "soient rapidement traduits en justice" pour ce "crime odieux".

En réaction, la République dominicaine a ordonné mercredi la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti, les deux pays partageant la même île.

Venu du monde des affaires, Jovenel Moïse, 53 ans, avait été élu président en 2016 sur une promesse de développement de l'économie du pays et avait pris ses fonctions le 7 février 2017.

Actif dans plusieurs domaines économiques, dont l'exploitation de bananeraies, il n'avait quasiment aucune expérience en politique au moment de son élection et était très peu connu de ses compatriotes.

Violence des gangs

Haïti est gangrenée par l'insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d'une quasi impunité. Une situation qui valait à Jovenel Moïse, accusé d'inaction face à la crise, d'être confronté à une vive défiance d'une bonne partie de la société civile.

Gouvernant par décret depuis janvier 2020, sans Parlement et alors que la durée de son mandat faisait l'objet de contestations, Jovenel Moïse avait mis en chantier une réforme institutionnelle.

Un référendum constitutionnel initialement prévu en avril, reporté une première fois au 27 juin puis à nouveau en raison de l'épidémie de Covid-19, devait se tenir le 26 septembre. La réforme avait pour but de renforcer les prérogatives de l'exécutif.

Mais c'est dans les rues de Port-au-Prince que la détérioration de la situation du pays est la plus évidente.

Depuis début juin, des affrontements entre bandes rivales dans l'ouest de Port-au-Prince paralysent toute circulation entre la moitié sud du pays et la capitale haïtienne.

Des milliers d'habitants du quartier très pauvre de Martissant, disputé par les gangs, ont été contraints de fuir leur logement et ont dû être accueillis par des proches ou dans des gymnases.

Le 30 juin, 15 personnes avaient été tuées dans une fusillade en plein Port-au-Prince, dont un journaliste et une militante politique d'opposition.

Sur le terrain politique, Jovenel Moïse aura nommé pas moins de sept Premiers ministres au cours de son mandat. Le dernier en date, Ariel Henry, devait prochainement entrer en fonction.