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Afghanistan : la délicate question migratoire qui va tester l'unité des Européens

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Par euronews
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Afghanistan : la délicate question migratoire qui va tester l'unité des Européens
Tous droits réservés  Shekib Rahmani/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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Alors que des milliers d'Afghans tentent de fuir leur pays après la prise de pouvoir des talibans, la perspective d'une nouvelle vague migratoire suscite déjà le débat au sein de l'Union européenne, divisée sur la question, et échaudée par la crise migratoire de 2015.

Une question étroitement liée à celle du positionnement que la communauté internationale choisira d'adopter vis-à-vis des dirigeants islamistes. Pour l'heure, les Occidentaux ne semblent pas tendre vers une reconnaissance politique des talibans mais le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a estimé nécessaire de discuter avec eux, tout du moins pour contenir la crise humanitaire.

"Tout le monde veut partir et ouvrir des couloirs humanitaires n'est pas facile car cela impliquerait d'entamer des négociations avec les talibans, ce qui signifie leur accorder une reconnaissance politique", souligne Francesco Strazzari, Professeur en relations internationales à la Scuola Universita ria Superiore Sant'Anna. "Et de nombreux pays ne veulent pas le faire, ce qui explique les positions diplomatiques contradictoires sur la question. "

Mais une question se pose : les Européens parviendront-ils à se mettre d'accord sur une politique commune de gestion des migrants afghans, étant donné leurs divisions sur le sujet ?

Il va sans doute falloir composer avec le contexte politique de chaque pays. Preuve en est la polémique suscitée, en France, par l'allocution d'Emmanuel Macron, qui a assuré que la France devait "prendre toute sa part pour protéger les Afghans les plus menacés" tout en protégeant la France des "flux migratoires irréguliers importants". Même prudence, Angela Merkel qui a parlé d'un accueil "contrôlé".

"Les pays européens sont échaudés par la crise des réfugiés de 2015", analyse Francesco Strazzari, professeur en relations internationales. "A l'époque, elle avait renforcé l'Afd, l'extrême droite allemande, et avait un "coût" électoral jugé trop élevé. Aujourd'hui, les pays européens semblent très divisés sur la question avec des oppositions, de Viktor Orban - qui dit ne pas vouloir payer le prix des erreurs commises par les Etats-Unis -, jusqu'aux groupes politiques d'extrême droite italiens".

Mais de nombreux afghans sont déjà arrivés sur le territoire européen ces dernières années. Et certains se sont vu refuser le droit d'asile. Plusieurs ONG ont demandé aux pays européens de suspendre les expulsions vers l'Afghanistan.

"Certains pays ont accepté de le faire, et c'est littéralement le moins qu'ils pouvaient faire", glisse Andrea Prasow, directrice adjointe de Human Rights Watch. "Ce dont nous avons besoin, c'est d'un engagement ferme pour faciliter les évacuations. Ensuite, l'installation n'est pas qu'une question à court terme. Les gens fuient pour trouver un refuge dans l'immédiat, mais ils auront besoin d'un endroit où vivre, peut-être sur une très longue période".

Alors que l'aéroport de Kaboul est toujours en proie au chaos, avec des milliers d'Afghans qui ne pensent qu'à partir, la Commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson a demandé aux États membres de l'UE d'accueillir au plus vite ceux qui font l'objet d'une "menace immédiate". Selon les médias italiens, Rome, qui assure la présidence du G20 cette année, étudie la possibilité d'organiser un sommet extraordinaire pour discuter de la crise actuelle en Afghanistan.