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À Kaboul, les manifestations de femmes sévèrement réprimées par les talibans

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Par Stephane Hamalian  & Euronews avec AFP
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À Kaboul, les manifestations de femmes sévèrement réprimées par les talibans
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Des coup de bâtons et de fouets, c'est ce que subissent les femmes qui osent manifester à Kaboul, comme le montrent ces images tournées ce mercredi. Elles étaient des dizaines à crier "liberté", face aux talibans, alors que le groupe fondamentaliste a dévoilé son gouvernement, 100% masculin.

این‌هم ویدیوی خشونت طالبان

Posted by ZaHra Mandgar on Wednesday, September 8, 2021

Si le porte-parole des talibans affirme que la composition du "cabinet n'est pas achevée", il souligne que des réformes sont en cours.

Interrogé par notre envoyée spéciale Anelise Borges sur la capacité des talibans à convaincre la communauté internationale à propos de l'inclusivité de cette nouvelle administration, Zabihullah Mujahid botte en touche.

"Tous les problèmes sont résolus, l'important c'est la question de la sécurité qui s'améliore, toutes les autres choses sont résolues" tranche-t-il.

Toute légitimité devra être gagnée

Cette non-mixité a été critiquée par le secrétaire d'État américain Antony Blinken, qui entend juger le groupe fondamentaliste "sur ses actes".

"Nous comprenons que les talibans ont présenté cela comme un cabinet provisoire" a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue allemand Heiko Maas. Mais la liste des noms "se compose exclusivement d'individus, ou membres des talibans ou de leurs proches collaborateurs" a-t-il souligné sur la base aérienne américaine de Ramstein, dans le sud-ouest de l'Allemagne.

"Les talibans recherchent une légitimité internationale. Toute légitimité, tout soutien, devra être gagné", a-t-il mis en garde.

Avec ses partenaires, le secrétaire d'Etat a expliqué avoir discuté "de la manière dont nous allons faire en sorte que les talibans respectent leurs engagements et leurs obligations : laisser les gens voyager librement pour respecter leurs droits fondamentaux, y compris les femmes et les minorités ; veiller à ce que l'Afghanistan ne soit pas utilisé comme base pour des attaques terroristes ; ne pas exercer de représailles contre ceux qui choisissent de rester en Afghanistan (...)".

A Ramstein, Antony Blinken a assuré que les Etats-Unis faisaient "tout ce qui est en leur pouvoir" pour reprendre les vols d'évacuation mais il a de nouveau accusé les talibans d'empêcher les départs au prétexte que certains passagers n'avaient pas les papiers requis.

Insistant sur la nécessité de fournir "une aide humanitaire" rapide à la population, Heiko Maas a appelé les talibans à permettre l'accès du pays aux Nations unies.

L'ONU s'inquiète des restrictions faites aux droits des femmes

Les talibans assurent "que les droits des femmes seront respectés dans le cadre de l'islam mais chaque jour nous recevons des rapports faisant état de reculs" concernant ces droits, a déclaré mercredi une responsable onusienne établie à Kaboul.

Ainsi, "il est interdit aux femmes de quitter la maison sans mahram" (homme de confiance de la famille), a détaillé Alison Davidian, représentante adjointe en Afghanistan de l'entité onusienne ONU Femmes, lors d'une visioconférence de presse avec des journalistes à New York.

"Dans certaines provinces, elles ont cessé d'aller travailler", a-t-elle déploré.