DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Russie : six morts dans une fusillade à l'université de Perm

Access to the comments Discussion
Par Euronews
euronews_icons_loading
Devant l'université de Perm, Russie, le 20 septembre 2021
Devant l'université de Perm, Russie, le 20 septembre 2021   -   Tous droits réservés  Anastasia Yakovleva/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
Taille du texte Aa Aa

Un étudiant a tué six personnes dans une fusillade lundi à l'université de Perm, ville de l'Oural dans l'est de la Russie, avant d'être blessé et arrêté, a indiqué le Comité d'enquête du pays.

Les incidents armés de ce type se sont multipliés en Russie ces dernières années, entraînant un durcissement de la législation sur le port d'armes.

"Le 20 septembre, un étudiant se trouvant dans l'un des bâtiments de l'université (...) a ouvert le feu sur les gens autour", a indiqué dans un communiqué cet organe chargé des enquêtes les plus importantes du pays.

Un acte personnel ?

Selon le ministère russe de la Santé, cité par les agences russes, au moins 24 personnes ont été blessées, dont 19 par balles.

L'auteur a "été blessé lors de son arrestation étant donné qu'il opposait une résistance", a ajouté le comité d'enquête, qui n'a pas dans l'immédiat donné d'informations sur le mobile du tireur, ni sur son identité, bien qu'établie.

Mais d'après les informations fournies par le journaliste Andreï Vaitovich, l'auteur de l'attaque, un étudiant de 18 ans, a revendiqué son acte sur le réseau social russe VK, tout en affirmant ne pas être un terroriste.

Se disant "apolitique", l'assaillant aurait affirmé n'appartenir à aucune organisation.

"Ceci n'est pas un acte terroriste [...] C'est un acte personnel" aurait-il revendiqué.

Fuyant la fusillade, des étudiants ont sauté des fenêtres du premier étage d'un bâtiment de l'université, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Une autre vidéo, tournée depuis une fenêtre, a montré un individu vêtu entièrement de noir ouvrant le feu et se dirigeant vers l'entrée d'un bâtiment.

L'assaillant a pénétré sur le campus à onze heures locales (06H00 GMT), selon le service de presse de l'université.

Poutine informé

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a indiqué que Vladimir Poutine, qui est actuellement en quarantaine après la découverte d'un foyer de Covid au Kremlin, était informé du drame.

"Le président exprime ses profondes condoléances à ceux qui ont perdu de la famille, des proches, dans cet incident", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Mikhaïl Michoustine a pour sa part été envoyé à Perm, selon les agences russes, ainsi que les ministres de la Santé et de l'Education.

Le drame est intervenu au lendemain des législatives russes, remportées par le parti du Kremlin, Russie unie, sur fond d'accusations de fraudes.

Les fusillades dans les écoles ou les universités étaient longtemps rares en Russie, où le contrôle des armes est strict, mais elles ont eu tendance à devenir plus nombreuses ces dernières années, le président Vladimir Poutine dénonçant même un phénomène importé des Etats-Unis, effet pervers de la mondialisation.

Dernier événement meurtrier du type, le 11 mai 2021, une jeune homme de 19 ans a ouvert le feu dans son ancienne école à Kazan, dans la république russe du Tatarstan, faisant neuf morts.

Le jour même, le président russe avait ordonné un passage en revue des règles concernant le port d'armes. L'auteur de l'attaque à Kazan avait été arrêté et disposait d'un permis pour une arme semi-automatique, et semblait être déséquilibré, proclamant être un dieu.

Avec ces réformes, l'âge pour acquérir des armes de chasse et d'auto-défense a été porté de 18 à 21 ans, comme c'était déjà le cas pour les armes classiques, et un examen médical renforcé a été mis en place.

La fusillade ce type la plus grave remonte à octobre 2018, lorsqu'un lycéen avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch, ville de la péninsule ukrainienne de Crimée que la Russie a annexée en 2014.

Les autorités ont aussi affirmé avoir déjoué ces dernières années des dizaines de projets d'attaques d'établissements scolaires, des affaires impliquant souvent des adolescents.

En février 2020, les services de sécurité (FSB) ont ainsi arrêté deux jeunes, nés en 2005 et de nationalité russe, qui étaient actifs sur divers sites internet où ils faisaient l'apologie de meurtres et du suicide. Selon les enquêteurs, ils prévoyaient d'attaquer un établissement scolaire à Saratov, sur la Volga.