This content is not available in your region

Primaires de l'opposition en Hongrie : victoire du conservateur Peter Marki-Zay

Access to the comments Discussion
Par Euronews  avec AFP
euronews_icons_loading
Primaires de l'opposition en Hongrie :  victoire du conservateur Peter Marki-Zay
Tous droits réservés  أ ف ب

L'outsider Peter Marki-Zay, un conservateur âgé de 49 ans, a largement remporté dimanche la primaire de l'opposition en Hongrie et affrontera le Premier ministre sortant Viktor Orban en 2022, d'après des résultats partiels.

M. Marki-Zay, 49 ans, catholique pratiquant et père de sept enfants, a obtenu environ 58% des voix, selon la commission électorale des primaires, alors que 60% des bulletins ont été dépouillés.

"Nous voulons une Hongrie nouvelle, plus propre, honnête, pas seulement pour remplacer Orban", a-t-il énoncé dans un discours de victoire, faisant référence au souverainiste au pouvoir depuis 2010.

Il a fait l'éloge du processus inédit de la primaire, qui a permis de sélectionner des candidats dans tout le pays, "capables de se débarrasser du système le plus corrompu de l'histoire millénaire de la Hongrie" aux législatives, prévues en avril prochain.

Sa concurrente, l'avocate pro-européenne de centre gauche Klara Dobrev, a récolté 42% des suffrages. "Je soutiens dès à présent Marki-Zay", a-t-elle déclaré en reconnaissant rapidement sa défaite.

Les résultats définitifs doivent être annoncés plus tard dans la soirée. La primaire devait désigner le candidat au poste de chef de gouvernement, mais aussi à la députation dans chacune des circonscriptions.

"Légitimité"

Les organisateurs l'ont qualifiée de "succès incroyable". Elle a mobilisé plus de 800 000 électeurs au cours des deux tours, soit près de 10 % du corps électoral de ce pays membre de l'Union européenne (UE) comptant 9,8 millions d'habitants.

"Cela fait beaucoup de monde", a estimé auprès de l'AFP lors du dépouillement Marta V.Naszalyi, maire écologiste du premier arrondissement de Budapest. "Cela donne une légitimité, l'opposition aura une chance de changer le gouvernement", a-t-elle ajouté.

Pour le premier tour, cinq candidats étaient en lice et Peter Marki-Zay avait réussi à obtenir 20% des suffrages, alors qu'il n'avait dépensé que 10 000 euros pour faire campagne, sans soutien financier ni logistique d'une formation politique.

S'étant présenté comme un candidat anti-élite et anti-corruption, cet ancien électeur du Fidesz, le parti de Viktor Orban, a gagné notamment grâce aux votes des plus jeunes.

Il a vécu cinq ans aux Etats-Unis et au Canada et dit ne plus se reconnaître dans la politique du dirigeant, accusé de corruption et d'autoritarisme.

En 2018, il s'était imposé aux municipales dans la ville de Hodmezovasarhely (sud-est), 44 000 habitants, un bastion de la majorité au pouvoir.

Il était arrivé en troisième position après le premier tour de la primaire, mais il a bénéficié du désistement du maire libéral et écologiste de Budapest Gergely Karacsony (27%).

"Un cauchemar pour Viktor Orban"

Ce dernier a estimé que l'opposition aurait plus de chances de remporter les législatives contre Viktor Orban si Mme Dobrev ne dirigeait pas la coalition. Elle était arrivée en tête du premier tour fin septembre avec 35% des voix.

Les partisans de la candidate de centre gauche, issue du principal parti d'opposition, Coalition démocratique (DK), mettaient en avant son expérience au Parlement européen, dont elle est vice-présidente.

Mais le fait qu'elle soit l'épouse de l'ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany constituait pour elle un handicap, selon les sondages.

Ce dernier est très impopulaire depuis la fuite de conversations privées dans lesquelles il admettait avoir menti sur l'état réel de l'économie du pays, qui a frôlé la faillite en 2008.

La victoire de Peter Marki-Zay est "un cauchemar pour Viktor Orban", juge l'analyste Robert Laszlo. "A la différence de Klara Dobrev, il ne peut pas être facilement moqué par le Premier ministre comme étant une marionnette de Ferenc Gyurcsany."

"Il était le vainqueur des primaires le moins souhaité par le Fidesz et semble capable d'attirer de nouveaux électeurs encore indécis", a-t-il dit à l'AFP.

Présenter un front commun : une première pour l'opposition

Après des années de querelles et une série de défaites, c'est la première fois que l'opposition décide de présenter un front commun. Un mariage de raison, porté par des municipales prometteuses en 2019 et des sondages favorables.

Libérale, écologiste, sociale-démocrate ou issue de l'extrême droite, les formations représentées au Parlement ont signé une déclaration commune, où elles accusent M. Orban d'avoir taillé à son avantage la loi électorale pour empêcher l'alternance et se sont engagées sur un programme de gouvernement.