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Une djihadiste allemande condamnée pour avoir laissé mourir de soif une fillette yézidie

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Par Euronews  avec AFP
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Des enfants yézidis à la frontière irako-syrienne en août 2014
Des enfants yézidis à la frontière irako-syrienne en août 2014   -   Tous droits réservés  Khalid Mohammed/AP

Un tribunal de Munich a condamné Jennifer Wenisch, une ancienne membre du groupe État islamique, à dix ans de prison pour avoir laissé mourir de soif une fillette de cinq ans issue de la minorité yézidie. Poursuivie pour crimes de guerre et meurtre, cette Allemande de 30 ans, originaire de Basse-Saxe, encourait la prison à vie.

L'enfant accrochée dehors par 50 degrés

Avec son mari, jugé lors d'un procès parallèle à Francfort, ils sont accusés d'avoir acheté en 2015 une femme et sa fille yézidies afin de les utiliser comme esclaves. Punie pour avoir uriné sur un matelas, la fillette avait été accrochée à une fenêtre à l'extérieur par 50 degrés, sans eau. Elle a fini par mourir de soif, tandis que sa mère était contrainte de rester au service du couple.

Jennifer Wenisch est accusée d'avoir laissé faire son compagnon sans intervenir. Elle estime faire office de bouc émissaire dans cette affaire : "On va faire de moi un exemple pour tout ce qui s'est passé sous l'EI. Il est difficile d'imaginer que cela soit possible dans un État de droit", s'est elle défendue lors de l'une des dernières audiences, selon des propos rapportés par le journal Süddeutsche Zeitung.

Membre de la brigade des mœurs de l'EI

Basée à Falloujah et Mossoul, l'accusée aurait officié pour la brigade des mœurs chargée de veiller au respect des règles vestimentaires et de comportement fixées par les djihadistes.

Elle avait été arrêtée par les services de sécurité turcs en janvier 2016 à Ankara puis extradée vers l'Allemagne. Mais elle n'a été placée en détention qu'en juin 2018, après avoir été arrêtée en tentant de rejoindre avec sa fille de deux ans les territoires que l'EI contrôlait encore en Syrie.

C'est au cours de cette tentative qu'elle a raconté sa vie en Irak à son chauffeur. Ce dernier était en réalité un informateur du FBI qui la conduisait dans une voiture équipée de micros. Le parquet a utilisé ces enregistrements pour l'inculper.

Les Yézidis, une minorité persécutée

Ce procès est l'un des premiers concernant des crimes commis sur les Yézidis, minorité kurdophone du Nord de l'Irak.

En octobre 2020, une Germano-Tunisienne, épouse d'un jihadiste, avait été condamnée par un tribunal allemand à trois ans et demi de prison pour avoir notamment contribué à réduire à l'état d'esclave une jeune Yézidie lorsqu'elle séjournait en Syrie.

La petite minorité ethno-religieuse yézidie a été particulièrement persécutée par les jihadistes, qui ont réduit ses femmes à l'esclavage sexuel, enrôlé de force des enfants-soldats et tué des hommes par centaines.

Irakiens non-arabes et non-musulmans, de nombreux Yézidis ont trouvé refuge en Allemagne, notamment dans le sud-ouest du pays, où des femmes et leurs enfants, victimes de viols répétés, ont été pris en charge et soignés.