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COP26 : les dirigeants du monde exhortés à "sauver l'humanité"

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Par euronews  avec AFP, AP
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B. Johnson, Premier ministre britannique, U. von der Leyen, présidente de la Commission européenne et A. Guterres, secrétaire général de l'ONU. Glasgow, le 01/11/2021
B. Johnson, Premier ministre britannique, U. von der Leyen, présidente de la Commission européenne et A. Guterres, secrétaire général de l'ONU. Glasgow, le 01/11/2021   -   Tous droits réservés  Christopher Furlong/Pool via AP

Conférence climat: les dirigeants du monde exhortés à "sauver l'humanité"

Des attentes immenses, à la hauteur des désastres climatiques balayant la planète : après les "espoirs déçus" du sommet du G20, plus de 120 dirigeants du monde, pressés de toutes part de faire plus et plus vite pour éviter le pire à l'humanité, sont réunis lundi 1er novembre à Glasgow pour la Conférence des Nations unies sur le climat (COP26) qui doit durer deux semaines.

Un échec de la conférence climat de Glasgow déclencherait dans le monde "une colère et une impatience incontrôlables", a averti lundi le Premier ministre britannique Boris Johnson, en ouvrant le sommet qui lance la COP26, perçue comme la dernière opportunité majeure de pouvoir mettre en place des solutions au changement climatique.

Vers un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C

Le monde doit agir maintenant pour "sauver l'humanité" des catastrophiques impacts du réchauffement, a exhorté lundi le secrétaire général de l'ONU. "Il est temps de dire 'Assez'", a lancé Antonio Guterres en préambule: "Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer nous-mêmes avec le carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler et forer et extraire toujours plus profond. Nous creusons nos propres tombes", a-t-il martelé.

"Nous creusons nos propres tombes"
Antonio Guterres
Secrétaire général de l'ONU

Mais les dizaines de dirigeants qui se sont succédé à la tribune se sont surtout contenté de réaffirmer leurs objectifs et insisté sur l'urgence à agir sans nécessairement annoncer de nouveaux engagements alors que selon l'ONU, les engagements actuels des quelque 200 signataires de l'Accord de Paris, s'ils étaient respectés, mèneraient à un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C .

Des objectifs chinois et indiens lointains

Très attendu, le Premier ministre indien Narendra Modi, dont le pays n'a toujours pas soumis ses nouveaux engagements comme prévu par l'accord de Paris, a lui fait des annonces, parce qu'"aujourd'hui, pour sauver le monde, nous devons faire de grands pas".

Il a notamment renforcé l'objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2030 renforcés, et s'est engagé à la neutralité carbone, mais pour 2070. Vingt ans plus tard que ce que demande l'ONU.

La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre mondial, s'est elle fixée un objectif de neutralité carbone pour 2060. Et le président Xi Jinping n'a pas fait le déplacement à Glasgow, quelques jours après le dépôt officiel de ses nouveaux engagements climat qui reprennent sans les renforcer les promesses faites depuis un an.

De retour, les États-Unis se veulent moteur

Alors que certains rechignent à l'accélération de la transition qui nécessite des investissements massifs, Joe Biden a au contraire souligné l''opportunité incroyable" que cela représente pour l'économie mondiale, assurant que les États-Unis étaient désormais prêts à "montrer l'exemple" après la sortie temporaire de l'accord de Paris sous Donald Trump.

Quant au président français Emmanuel Macron, il a appelé les "plus gros émetteurs" de gaz à effet de serre à "rehausser leur ambition dans les 15 jours" de la COP26, allusion notamment à la Russie et à la Chine.

L'aide aux pays en développement repoussée

Autre sujet brûlant dans un contexte de pandémie mondiale qui a fragilisé les pays pauvres déjà vulnérables aux impacts du dérèglement climatique, la promesse toujours non tenue des pays riches de porter à cent milliards de dollars par an à partir de 2020 leur aide climat aux pays en développement.

L'aide a de facto été repoussé de trois ans à 2023, renforçant la crise de confiance entre le Nord, responsable du réchauffement, et le Sud, victime de ses effets.

"Pour survivre, nous avons besoin (de limiter le réchauffement) à +1,5°C." a lancé lundi à la tribune la Première ministre de la Barbade Mia Mottley. "2°C serait une condamnation à mort pour les populations d'Antigua et Barbuda, des Maldives, des Fidji, du Kenya ou du Mozambique, des Samoa et de la Barbade", "Nous ne voulons pas de cette condamnation à mort et nous sommes venus ici pour dire 'Redoublez d'efforts, redoublez d'efforts'", a-t-elle insisté. "Nous voulons exister dans cent ans".

Attentes immenses

Toutes les promesses attendues à la COP26 seront scrutées de près notamment par les jeunes militants qui ont fait le déplacement à Glasgow malgré les obstacles liés à la pandémie.

"Assez de bla bla, assez d'exploitation des gens et de la nature", a répété l'égérie du mouvement des jeunes pour la planète, la Suédoise Greta Thunberg arrivée samedi en train en Ecosse pour manifester.

"En tant que citoyens de cette planète, nous vous appelons à affronter l'urgence climatique", plaident dans une lettre ouverte, les jeunes défenseurs du climat. "Pas l'année prochaine. Pas le mois prochain. Maintenant", dit cette pétition qui dépassait lundi le million de signatures en ligne avec un message simple: "trahison".