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Quelles priorités pour la COP27 ? Ouverture de la conférence de Bonn sur le climat

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Par Margaux Racaniere  avec AFP
Une maison détruite à Mananjary, à Madagascar, après le passage du cyclone Batsirai en février 2022.
Une maison détruite à Mananjary, à Madagascar, après le passage du cyclone Batsirai en février 2022.   -   Tous droits réservés  Viviene Rakotoarivony/AP

Ce lundi s'est ouverte la conférence de Bonn (Allemagne), une conférence de préparation de la COP27 censée se tenir en Egypte en novembre prochain.
Six mois après le sommet de Glasgow, cette réunion de 200 dirigeants vise à "donner de l'élan" à la future COP qui se tiendra à l'automne à Charm el-Cheikh, station balnéaire égyptienne sur la mer Rouge.

Au programme, plusieurs problématiques urgentes : 

  • Continuer les efforts pour contenir le changement climatique malgré la multiplication des crises

La pandémie de Covid-19 ainsi que la guerre en Ukraine et ses conséquences sur la pauvreté et la faim dans le monde ont contribué à placer au second plan la lutte contre le réchauffement climatique. Or comme l'a martelé la secrétaire générale sortante de l'ONU-Climat Patricia Espinosa, en ouvrant les pourparlers :  "le changement climatique n'est pas une question que nous pouvons repousser à plus tard".

Quelques jours plus tôt, lors du Sommet de la Terre à Stockholm, la Première ministre suédoise Magdalena Andersson avait elle aussi évoqué ses craintes que la guerre en Ukraine n'éclipse la crise climatique : "La guerre en Ukraine a également montré très clairement que la dépendance aux combustibles fossiles n'est pas seulement un risque climatique, c'est aussi un risque sécuritaire". Et d'ajouter : "il faut que cela cesse".

  • Se maintenir en dessous de la barre des 1,5°C

La conférence de Glasgow a réaffirmé l’ambition de contenir le réchauffement à 1,5°C alors que nous avons déjà gagné 1,1°C en température mondiale moyenne depuis la fin du XIXème siècle .

De nombreux pays ne respectent pas les engagements de l'accord de Paris. Des engagements eux-mêmes jugés insuffisants par les scientifiques du GIEC, le groupe d'experts internationaux sur le climat. Ils estiment que ces engagements ne permettraient qu'un scénario à +2,8°C, déjà catastrophique pour le vivant.

  • Respecter les engagements de Glasgow

Le "pacte climatique" conclu à Glasgow appelait les pays à revisiter et renforcer leurs objectifs pour les aligner avec ceux de l'accord de Paris d'ici la fin de 2022. "Il nous faut ces plans!" a lancé la patronne d'ONU-Climat, appelant à "faire avancer ces négociations plus vite".

L'absence de nouveaux engagements chiffrés à quelques mois de la COP27 illustre la "déconnexion entre les preuves scientifiques d'une crise mondiale en préparation, avec des impacts climatiques inimaginables, et le manque d'actes," se désole Johan Rockström, directeur de l'Institut de recherche sur l'impact du changement climatique à Potsdam (PIK).

  • S'assurer du financement par les pays riches des conséquences du réchauffement climatiques

À la COP15 de Copenhague en 2009, les pays s'étaient engagés à mobiliser collectivement 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour aider les pays du Sud à s'adapter au changements climatiques. Cette promesse n'est toujours pas tenue. 

La question avait été soulevée à Glasgow. La tenue d'une "dialogue" sur la question  a été négocié jusqu'en 2024 pour "discuter des modalités de financement"  

Face à la multiplication des catastrophes naturelles : inondations, incendies, sécheresse et la montée des eaux, c'est davantage le financement spécifiques des "pertes et préjudices" qui est sur la table.

Pour l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), la conférence de Bonn ne doit pas juste être "un autre forum de discussions". Ces pays exigent de repartir avec "une vision claire de quand et comment (sera appliqué) le financement spécifique des pertes et préjudices".