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Vers moins d'austérité en Europe ? Le nouveau ministre allemand des Finances à Paris

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Par Euronews  avec AFP
Christian Lindner, le nouveau ministre allemand de l'Economie à Berlin, le 10 décembre
Christian Lindner, le nouveau ministre allemand de l'Economie à Berlin, le 10 décembre   -   Tous droits réservés  MICHAEL SOHN/AFP

Le ministre des Finances Bruno Le Maire va tenter de convaincre lundi son nouvel homologue allemand, le libéral Christian Lindner, de la nécessité d'assouplir les règles budgétaires européennes, alors que de nombreux États de l'UE ont vu leur dette exploser durant la crise sanitaire.

"Nous allons avoir une discussion ensemble pour savoir s'il faut que tous les États membres de la zone euro aient la même trajectoire au même rythme, avec les mêmes exigences, ou est ce qu'il faut tenir compte de la réalité de sortie de crise, où certains États ont plus de 160% de dette, l'Italie, et d'autres beaucoup moins, l'Allemagne", a affirmé Bruno Le Maire sur BFMTV et RMC.

Le ministre français reçoit en fin de journée le nouveau ministre des Finances allemand Christian Lindner, issu du parti libéral et fervent adepte de la rigueur.

La France, dont la dette devrait atteindre autour de 115% fin 2021, estime que la règle fixant un déficit public maximum de 3% du PIB est "dépassée", comme l'a indiqué le président de la République Emmanuel Macron jeudi dernier lors de sa conférence de presse sur la présidence française de l'UE au premier semestre 2022.

"Nous devrons revenir à des règles qui seules permettent la convergence de nos économies", "mais nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s'était passé" et "revenir au cadre budgétaire créé au début des années 90", avait-il souligné.

"Est-ce qu'il ne serait pas plus approprié d'avoir une trajectoire de réduction de la dette, un chemin de réduction de la dette qui soit différent d'un État à l'autre?", insiste lundi Bruno Le Maire.

À Bercy, on estime ainsi que l'objectif de cantonner la dette à 60% du PIB est "caduc", étant donné la situation des finances publiques de nombreux États en sortie de crise.

A la différence d'un Wolfgang Schäuble, ministre des Finances emblématique d'Angela Merkel, inflexible durant la crise financière de 2008-2010, "lui est beaucoup moins idéologique", confiait à l'AFP une source européenne, avant la nomination de Christian Lindner.

"Durant la campagne pour les législatives il a bien sûr tenu le langage du FDP, mais il a été beaucoup moins dur qu'en 2017", analyse la même source.

Il y a 4 ans, il avait en effet rompu des négociations pour former un gouvernement avec les conservateurs d'Angela Merkel et les Verts, au prétexte de dissensions avec ces derniers. "Mieux vaut ne pas gouverner que mal gouverner", avait-il assuré.