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Les eurodéputés vent debout contre une loi migratoire danoise

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Par Aida Sanchez Alonso  & Euronews
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Les eurodéputés vent debout contre une loi migratoire danoise
Tous droits réservés  Olivier Matthys/The Associated Press

"Contraire aux valeurs européennes". Ce sont les termes employés par les eurodéputés pour décrire la loi migratoire adoptée en juin par le Danemark. Le texte prévoit de renvoyer les demandeurs d'asile dans des pays tiers le temps de l'étude de leur dossier. Le dispositif n'est pas encore effectif car Copenhague n'a pas trouvé de partenaire pour ce projet.

En déplacement à Bruxelles, le ministre danois en charge de la Migration, lui-même fils d'un réfugié éthiopien, explique que son pays ne peut pas gérer tous les problèmes d'intégration. "Il est très important pour nous de maintenir la cohésion sociale de notre société et pour cela nous devons nous assurer que l'immigration est sous contrôle", défend Mattias Tesfaye.

Devant les parlementaires il souligne que son pays accorde des milliers de permis tous les ans pour travailler, étudier ou dans le cadre du regroupement familial. Le ministre assure que le Danemark n’a aucun problème avec l’immigration mais il dresse ce constat : "le système d'asile ne fonctionne pas."

Pour certains élus, Copenhague cherche ainsi à ne pas assumer ses responsabilités à l'égard de ceux qui fuient leur pays pour sauver leur vie. "Le Danemark accueille un petit pourcentage de réfugiés. Il dit qu'il veut renforcer la solidarité mais dans les faits il contourne toutes ses responsabilités", dénonce l’eurodéputée Tineke Strik (les Verts).

Mikkel Berg Pedesen/AP
La politique migratoire danoise est critiquée par le Parlement européenMikkel Berg Pedesen/AP

Dans le même temps les autorités danoises annulent les permis de résidence de réfugiés syriens, assurant que leur pays est désormais sûr pour les retours. Une analyse rejetée par la parlementaire danoise Karen Melchior. La libérale ajoute que désormais les migrants "resteront bloqués dans des centres au Danemark pendant des années ou alors ils partiront pour d'autres pays européens qui leur accorderont l'asile."

Le texte danois est salué par l'extrême droite dans l’hémicycle, les chrétiens-démocrates sont eux partagés, quant à la gauche radicale elle s'emporte contre cette loi. "Ce qu'ils essayent de faire au Danemark et ce qu'ils suggèrent est indéfendable", insiste Malin Björk (GUE). Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés et la Commission européenne sont aussi critiques à propos de la loi danoise.