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50 ans après, la ville de Derry rend hommage aux victimes du "Bloody Sunday'

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Par Camille Pauvarel  & Euronews
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Les familles et proches des victimes ont marché dans la ville de Derry en Irlande du Nord où le drame a eu lieu il a 50 ans.
Les familles et proches des victimes ont marché dans la ville de Derry en Irlande du Nord où le drame a eu lieu il a 50 ans.   -   Tous droits réservés  Peter Morrison/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Dimanche 30 janvier, l'Irlande a commémoré les 50 ans d'un drame historique. Le "Bloody Sunday" qui traverse encore aujourd'hui générations et frontières grâce à la chanson éponyme du groupe U2. Ce jour-là, 13 manifestants pro-indépendance ont été exécutés par des parachutistes de la couronne britannique lors d'une marche pacifique.

"Dimanche 30 janvier 1972, l'une des journées les plus noires depuis la création de l'Irlande du Nord. L'équivalent massacre de Sharpeville en Afrique du Sud, un coup de hache de la part d'un gouvernement brutal désigné pour faire taire la voix des habitants de Derry et étouffer la lutte pour les droits civiques, qu'importe leurs opinions politiques", a déclaré l'acteur nord-irlandais Adrian Dunbar lors d'une cérémonie au Forum du Millénaire.

Sur le lieux du drame, les familles des victimes ont défilé en tenant fermement leurs portraits. A Derry ou Londonderry selon qu'on soit catholique ou protestant, la blessure laissée par la guerre est encore vivace. "La ville était totalement silencieuse, témoigne le frère d'une victime présent à la marche, J'ai parlé à quelques personnes depuis et j'ai parlé à des soldats qui étaient là mais pas dans le régiment de parachutistes. Ils ont dit que c'était sinistre. Les enfants ne leur jetaient pas de pierres, ne leur criaient pas dessus. Les soldats ont même trouvé ça très très étrange".

La période des troubles a marqué les deux Irlandes de 30 ans de guerre, des années où catholiques favorables à l’unification de l’Irlande se sont battus contre des protestants appuyés par l'armée britannique. Depuis les accords de 1998, la paix est sans arrêt menacée par le blocage des enquêtes et procès et le Brexit.

"Le processus complet et la justice des tribunaux devraient être déployés", a annoncé le Premier ministre irlandais Michael Martin à la presse après une entrevue privée avec des proches de victimes. Il est le premier dirigeant de la République d’Irlande à se rendre à la cérémonie annuelle.

Les circonstances de la mort d'une quatorzième personne blessée lors de l’attaque du "Bloody Sunday" et décédée des mois plus tard sont encore contestées.