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Le "soldat F", un ex-para britannique, jugé 47 ans après le "Bloody Sunday"

Le "soldat F", un ex-para britannique, jugé 47 ans après le "Bloody Sunday"
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La justice l'appelle le "soldat F" pour maintenir son anonymat et assurer ainsi sa protection. C'est le seul ancien parachutiste britannique que le parquet d'Irlande du Nord a décidé de juger pour des meurtres commis lors du tragique "Bloody Sunday", alors que 17 ex-militaires en tout sont suspectés d'avoir participé au massacre le 30 janvier 1972 à Londonderry. Dans la ville endeuillée, spécialement dans le quartier catholique du Bogside où se sont déroulés les faits, vont se réveiller peu à peu les douloureux souvenirs du long conflit nord-irlandais car le procès de "F" va s'y tenir... Il devait débuter ce 18 septembre mais il a finalement été reporté au mois de décembre.

Le para de la Couronne britannique est accusé d'avoir tiré sur au moins six civils en ce "dimanche sanglant", il y a maintenant 47 ans, des catholiques républicains qui participaient à une marche pacifique pour réclamer l'égalité des droits civiques entre catholiques et protestants. Deux des personnes touchées par le "soldat F" avaient été tuées, les autres avaient été blessées. Au total, 14 civils étaient tombés sous les balles, dont 13 sont morts sur le coup.

Des excuses officielles en 2010 mais toujours pas de justice

L'événement a constitué un tournant dans le combat nord-irlandais durant lequel les républicains, réclamant une réunification avec la République d'Irlande, se sont violemment affrontés avec les protestants unionistes, partisans d'un maintien au sein du Royaume-Uni. Il a notamment incité beaucoup de jeunes de la minorité catholique à entrer dans les rangs de l'IRA, l'Armée républicaine irlandaise. Il faudra plus de trente ans, et environ 3 500 morts, pour que la confrontation finisse par s'arrêter, grâce aux accords de paix du Vendredi Saint signés en 1998.

Et il a fallu attendre 2010 pour que les résultats d'une enquête sur ce qu'il s'est passé précisément lors du "Bloody Sunday" soient rendus publics : ils révélaient que le régiment de parachutistes britanniques impliqué avait tiré sur la foule très rapidement et sans distinction, et qu'un compte-rendu rédigé par l'armée avait ensuite tronqué les faits. Le Premier ministre de l'époque, David Cameron, avait dû présenter des excuses officielles, il avait estimé que le drame était "injustifié" et "injustifiable".