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Les loups à nouveau protégés dans une grande partie des Etats-Unis

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Par Vincent Coste  avec AFP, AP
Archives : un loup gris photographié en novembre 2017 dans le parc national de Yellowstone, dans le Wyoming.
Archives : un loup gris photographié en novembre 2017 dans le parc national de Yellowstone, dans le Wyoming.   -   Tous droits réservés  Jacob W. Frank/Service des pars nationaux des Etats-Unis / AP photo

C'est une victoire pour les défenseurs de la faune sauvage. Les loups gris sont à nouveau une espèce protégée dans la majeure partie des Etats-Unis après la décision ce jeudi d'un juge fédéral de Californie, qui revient ainsi sur une mesure prise dans les derniers jours de l'administration Trump. De facto, le loup gris avait été retiré de la liste des espèces menacées aux Etats-Unis et le chasser redevenait tout à fait légal.

Le service américain de gestion et de préservation de la faune (U.S. Fish and Wildlife Service) "n'a pas pris en compte de façon adéquate les menaces qui pèsent sur les loups en dehors des populations principales dans les régions des Grands Lacs et au nord des montagnes Rocheuses en retirant la protection à l'espèce entière", a indiqué le juge Jeffrey White dans sa décision.

En octobre 2020, l'administration Trump avait en effet décidé de retirer aux loups gris leur statut d'espèce protégée, mis en place dans les années 70 après leur quasi-extinction aux Etats-Unis.

Bien que la décision ait été prise sous Donald Trump, le gouvernement de Joe Biden avait continué à défendre la mesure devant la justice.

"Aussi bien chez les gouvernements démocrates que républicains, on constate chaque année cette envie de mettre fin au rétablissement des loups", souligne auprès de l'AFP, Collette Adkins du Center for Biological Diversity.

"C'est frustrant car la loi qui encadre le statut d'espèce protégée prévoit le rétablissement de ces animaux pour qu'ils puissent remplir leur rôle dans l'écosystème", poursuit-elle.

Depuis son entrée en vigueur en janvier 2021, le nombre de loups abattus dans certains Etats avait explosé, comme dans le Wisconsin où plus de 200 loups ont été tués en moins de trois jours, forçant les autorités à mettre un terme à la saison de chasse plus tôt que prévu, rapporte le New York Times.

Et fin janvier dernier, la revue Science indiquait que plus de 500 loups avaient été tués par des chasseurs dans le massif des Rocheuses aux abords du parc national de Yellowstone, où ils sont protégés.

Il est désormais interdit de chasser le loup, selon le jugement de ce jeudi, dans les 48 Etats "continentaux", hors Alaska et Hawaï.

Mais cette décision ne concerne pas le nord des Rocheuses, où les canidés mentionnés dans l'article de Science ont justement été abattus. Ces territoires englobent une partie du Montana, de l'Idaho et du Wyoming. Les bêtes tuées par les chasseurs, notait Science, représentaient 16% de la population lupine de ces trois Etats.

Dans cette région, les loups gris ne sont plus sous protection fédérale, le congrès ayant voté l'abrogation de cette protection en 2011. Ainsi dans le nord des Rocheuses, ces animaux restent donc sous la juridiction des États, où la chasse est toujours autorisée.

Les associations de défense des animaux restent mobilisées sur ce point, mais saluent toutefois "une grande victoire" à l'échelle du pays. En outre, toujours selon cette décision de justice, les personnes qui s'en prennent désormais aux loups risquent des amendes ou de la prison.

"C'est une victoire cruciale pour les loups gris et pour tous ceux qui apprécient la nature", a estimé dans un communiqué Jamie Rappaport Clark, présidente de Defenders of Wildlife, l'une des associations qui a combattu en justice la mesure de l'administration Trump.

"Redonner une protection fédérale va permettre à ces animaux essentiels de recevoir le soutien nécessaire pour se rétablir et prospérer dans les années à venir", a-t-elle ajouté.

Côté administration Biden, la porte-parole du Département de l'Intérieur des États-Unis, dont la vocation est de contrôler et préserver les terres appartenant à l'État fédéral, a déclaré que la décision de ce jeudi était "examinée", sans faire aucun autre commentaire.

Près de 250 000 loups vivaient aux Etats-Unis avant l'arrivée des colons européens qui ont décimé la population de ces canidés au fil de leur expansion vers l'ouest. Il ne reste désormais que quelque 6 000 loups disséminés à travers le pays, hors Alaska.

Des études sont venues confirmer le rôle crucial de ces canidés dans le contrôle de la taille des troupeaux de wapitis -qui peuvent brouter trop d'herbe- permettant ainsi d'éviter la destruction de l'habitat.