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Canada : la contestation ne faiblit pas alors que le mouvement entre dans sa troisième semaine

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Par Euronews  avec AFP
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Des manifestants au pont frontalier Ambassador, à Windsor, en Ontario (Canada), samedi 12 février 2022.
Des manifestants au pont frontalier Ambassador, à Windsor, en Ontario (Canada), samedi 12 février 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Nathan Denette (AP)

L'instauration de l'état d'urgence ne les a pas découragés : les manifestants anti-mesures sanitaires étaient encore des milliers samedi dans les rues d'Ottawa et continuaient de bloquer un pont frontalier stratégique avec les Etats-Unis malgré l'intervention de la police.

La mobilisation se poursuit au pont Ambassador

Pour la première fois depuis le début du mouvement, la police a pris position en nombre aux abords de l'un des points chauds de la contestation : le pont Ambassador, qui relie Windsor en Ontario à la ville états-unienne de Détroit. La veille, la Cour supérieure de l'Ontario avait ordonné le départ des manifestants installés depuis cinq jours.

Le blocage de cet axe essentiel a poussé Washington à intervenir auprès du gouvernement de Justin Trudeau. Et ce dernier avait promis vendredi une répression policière accrue car les "frontières ne peuvent pas rester fermées" et l'état d'urgence a été déclaré en Ontario.

Mais en début de soirée, la police n'était toujours pas parvenue à libérer totalement le pont après des heures de face-à-face avec les manifestants. La plupart des camions et véhicules qui entravaient la chaussée ont été déplacés, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais ils restaient plusieurs centaines de manifestants sur place.

L'objectif est de désamorcer la situation "de façon pacifique" et par la médiation, a indiqué aux journalistes Jason Bellaire de la police de Windsor, incapable de confirmer si le pont serait définitivement évacué à la fin de la journée. Aucune arrestation n'a eu lieu dans l'immédiat.

La fermeture de ce pont inquiète vivement des deux côtés de la frontière et a déjà entraîné des perturbations pour l'industrie automobile. Plus de 25% des marchandises exportées entre les Etats-Unis et le Canada y transitent.

Deux autres axes frontaliers sont également bloqués : le premier, à Emerson, relie la province du Manitoba au Dakota du Nord, tandis que le second est situé en Alberta.

"On peut tenir des mois"

Samedi, pour le troisième week-end consécutif, la foule était au rendez-vous dans les rues de la capitale fédérale Ottawa, épicentre du mouvement.

De la musique, des klaxons, des pistes de danse et des stands pour du café… ils étaient des milliers à marcher et festoyer dans les rues du centre-ville où très peu de policiers étaient déployés, a constaté une journaliste de l'AFP.

Photo : Ted Shaffrey (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Des chauffeurs de camions et d'autres manifestants protestant contre les restrictions sanitaires à Ottawa, Ontario, le samedi 12 février 2022.Photo : Ted Shaffrey (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

"Moi je ne suis pas vacciné et je ne suis pas mort", raconte Marc-André Mallette, 38 ans, qui dit soutenir la cause "depuis le début".

John Pacheco, qui vient trois fois par semaine manifester, a emmené samedi sa fille de 15 ans. Cet "activiste catholique" est persuadé que le mouvement va durer : "Ils ne vont pas sévir, ils ne vont pas faire venir l'armée, ils n'ont pas d'équipement pour déplacer tous ces camions. Donc nous pourrions être ici des mois".

Trois provinces canadiennes ont annoncé l'abandon à venir du passeport vaccinal

Partie au départ de camionneurs opposés à l'obligation vaccinale pour passer la frontière avec les Etats-Unis, la contestation s'est étendue à des revendications plus larges contre toutes les mesures sanitaires mais aussi contre le gouvernement de Justin Trudeau.

Ce dernier a été fortement critiqué par les oppositions pour son inaction depuis le début du mouvement. Depuis le début de la contestation, Justin Trudeau juge qu'il s'agit une "minorité marginale et bruyante".

Photo : Peter McCabe (AP)
La police anti-émeute de Montréal face aux manifestants opposés aux restrictions sanitaires qui défilent dans les rues de Montréal, le samedi 12 février 2022.Photo : Peter McCabe (AP)

Mais dans un pays où les mesures sanitaires sont dans la plupart des provinces plus restrictives qu'ailleurs dans le monde, le mouvement a reçu un soutien populaire plus large qu'anticipé par les autorités.

Depuis le début du mouvement, trois provinces canadiennes du centre ont annoncé l'abandon du passeport vaccinal et du masque dans les prochaines semaines. Mais ce n'est pas le cas des deux provinces plus peuplées du pays : l'Ontario, épicentre de la contestation, et le Québec.