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Présidentielle en France : coup d'envoi de la "campagne officielle"

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Par Anne Devineaux  avec AFP, AP
Les douze candidats sur des panneaux électoraux près de Paris (30 mars 2022)
Les douze candidats sur des panneaux électoraux près de Paris (30 mars 2022)   -   Tous droits réservés  Thibault Camus/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

A moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle en France, trois candidats continuent de creuser l’écart en tête dans les intentions de vote. Emmanuel Macron garde une avance confortable avec 28%, devant Marine Le Pen à 17,5%, et Jean-Luc Mélenchon toujours sur une dynamique de hausse avec autour environ 14% (chiffres issus de l’enquête Ipsos-Sopra Steria en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et la Fondation Jean Jaurès, pour Le Monde).

L'ex-polémiste Eric Zemmour et la candidate de la droite Valérie Pécresse se disputent les quatrième et cinquième places, devant l'écologiste Yannick Jadot. Mais au-delà de ces chiffres, la menace d’une abstention record continue de planer. Sans oublier, le camp des "hésitants", 4 électeurs sur 10 parmi ceux qui sont sûrs d’aller voter, n’ont pas encore fait leur choix.

La campagne "officielle" démarre

La campagne est entrée ce lundi dans sa phase "officielle". Chacun des douze candidats doit disposer du même temps d’antenne et de parole dans les médias audiovisuels, selon le principe d’une "égalité stricte" contrôlée par l'Arcom. Les clips de campagne vont aussi commencer à être diffusés.

Emmanuel Macron, plus libéral qu'en 2017, plaide pour une France où "chacun travaille plus". Il se déplace ce lundi à Dijon sur les terres de la gauche socialiste à la rencontre de lycéens. Il a fait de l'éducation l'un de ses axes prioritaires.

Craignant de faire les frais d'une élection qui serait jouée d'avance, il a lancé un appel dimanche aux abstentionnistes soulignant que "l'élection c'est le meilleur moyen de porter ses choix".

Marine Le Pen chahutée en Guadeloupe

La candidate du Rassemblement National a elle vécu un week-end chahuté lors d’un premier déplacement en Guadeloupe. Prise à partie par des manifestants d’extrême gauche, Marine Le Pen a dû être évacuée du plateau sur lequel Guadeloupe La Première devait l'interroger en direct.

Jean-Luc Mélenchon reste le candidat le mieux placé à gauche. Le candidat de « la France Insoumise » était dimanche à Marseille. Il s’en est pris à ses deux principaux adversaires, mettant en garde contre un "second tour low cost" entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Daniel Cole/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved
Le candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon lors d'un rassemblement sur la plage du Prado à MarseilleDaniel Cole/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

"Macron assassin" scandé au Trocadéro

A la peine dans les sondages, le candidat d’extrême-droite, Eric Zemmour a soulevé la polémique lors de son meeting place du Trocadéro ce dimanche à Paris. Certains de ses partisans ont scandé "Macron assassin" ! Les autres candidats n’ont pas manqué de dénoncer ces dérapages.

Michel Euler/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.
Les partisans du candidat d'extrême droite Eric Zemmour réunis dimanche 27 mars place du Trocadéro à ParisMichel Euler/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

"Propos tout à fait outrancier" et "regrettable", a réagi la candidate RN Marine Le Pen, "dangereux pour la République", a fustigé la LR Valérie Pécresse, "irresponsable" et preuve de l'"empêchement présidentiel" d'Eric Zemmour, a fait valoir le patron des députés LREM Christophe Castaner.

"Deux semaines pour lever les écrans de fumée"

A l’heure de l’urgence climatique, le candidat écologiste, Yannick Jadot peine à sortir son épingle du jeu. Dimanche, 4 000 partisans se sont réunis au Zénith de Paris. Le "plus grand meeting de l’histoire de l’écologie politique en France", selon Delphine Batho, porte-parole du candidat. Il reste "deux semaines pour lever les écrans de fumée", a-t-il dit, invitant à faire "opposer Jadot et Macron" au second tour, car "c'est la survie de notre humanité qui se joue aujourd'hui".

La semaine dernière, Yannick Jadot s’était fait entendre en tapant fort sur TotalEnergies dans le cadre de la guerre en Ukraine. Il a écopé de poursuites en diffamation après avoir accusé le groupe présent en Russie de "complicité de crimes de guerre".

"Problème de pluralisme"

Malade du Covid-19, Valérie Pécresse a dû mettre ce weekend sa campagne sur le terrain entre parenthèses, mais en a profité pour organiser une "réunion publique" en visioconférence.

Malgré l'entrée en vigueur des règles rigoureuses de la campagne officielle, les "petits candidats", crédités de moins de 3% d'intentions de vote ont protesté dimanche, Jean Lassalle (Résistons!) dénonçant "une dictature molle" et Nathalie Arthaud (LO) un large "problème de pluralisme" dans l'ensemble de la société.