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Ukraine : plus de 3 000 personnes ont fui la région de Marioupol

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Par Euronews  avec AFP
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Une enfant réfugiée fuyant la guerre en Ukraine avec sa famille à bord d'un bus direction la Roumanie, vendredi 25 mars 2022.
Une enfant réfugiée fuyant la guerre en Ukraine avec sa famille à bord d'un bus direction la Roumanie, vendredi 25 mars 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Andreea Alexandru (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Plus de 3 000 personnes ont fui la région de Marioupol, en bus et voitures privées, ont annoncé les autorités ukrainiennes, alors que la Croix-Rouge, après un premier échec, prépare une nouvelle tentative d'évacuation samedi de la ville portuaire assiégée et dévastée.

Marioupol reste disputée par les deux camps

Au 37e jour de l'invasion de l'Ukraine décidée par Moscou qui a fait des milliers de morts parmi civils et militaires, les forces russes desserrent leur étau sur Kiev et Tcherniguiv et se regroupent pour se concentrer sur l'Est du pays, où elles feront face à une armée ukrainienne aguerrie, ce qui laisse présager un conflit "prolongé", qui pourrait durer des mois, a prévenu le Pentagone.

Dans le sud-est, Marioupol reste disputée par les deux camps, et la situation humanitaire y est catastrophique. Après des semaines de bombardements de cette ville stratégique sur la mer d'Azov, les autorités locales ont fait état d'au moins 5 000 habitants tués.

Selon les dernières estimations, quelque 160 000 personnes sont toujours coincées dans la ville, dont la prise permettrait d'assurer aux Russes une continuité territoriale, depuis la Crimée jusqu'aux deux républiques séparatistes prorusses du Donbass. Les évacuations de civils, impossibles pendant des semaines, se font désormais, progressivement.

Photo : Felipe Dana (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Des personnes déplacées de Marioupol et des villes voisines arrivent à Zaporojie, en Ukraine, vendredi 1er avril 2022.Photo : Felipe Dana (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

"Aujourd'hui (vendredi), les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6 266 personnes, dont 3 071 de Marioupol", a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky via une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à samedi.

"1 431 personnes ont voyagé de Berdiansk et Melitopol par leurs propres moyens vers Zaporojie. 771 d'entre elles venaient de Marioupol", et "42 bus de la ville de Berdiansk avec des habitants de Marioupol et 12 de Melitopol avec des résidents locaux" étaient en route en soirée vers Zaporojie, pour un total de "plus de 2 500 personnes", a précisé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, soulignant que d'autres évacuations étaient "attendues et planifiées" dans la journée de samedi.

"Notre ville n'existe plus"

Vendredi soir, l'AFP a observé une trentaine de bus d'évacuation entrer dans la ville de Zaporojie, certains d'entre eux transportant des personnes qui avaient fui Marioupol par leurs propres moyens, puis avaient été emmenées en bus vers le territoire contrôlé par l'Ukraine.

En arrivant dans la banlieue de Zaporojie, certains évacués pleuraient de soulagement d'être de retour en territoire ukrainien.

Plusieurs personnes évacuées de Marioupol ont déclaré à l'AFP qu'elles avaient dû marcher 15 kilomètres ou plus pour quitter la ville, avant de trouver des véhicules privés pour poursuivre leur voyage. Leur voyage s'est terminé par un trajet en bus de 12 heures qui a serpenté à travers une série de points de contrôle avant d'arriver à Zaporojie, un voyage qui n'aurait pris que trois heures avant la guerre.

"Aujourd'hui (vendredi), les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6 266 personnes, dont 3 071 de Marioupol"
Volodymyr Zelensky
Président ukrainien

"Nous étions en train de pleurer lorsque nous avons atteint cette zone. Nous avons pleuré lorsque nous avons vu des soldats au poste de contrôle avec des écussons ukrainiens sur leurs bras", a confié Olena, sa petite fille dans les bras. "Ma maison a été détruite. Je l'ai vu sur des photos. Notre ville n'existe plus".

"J'en pleure, je viens juste de voir ma petite-fille", a dit Olga, une Ukrainienne qui attendait au centre organisé à Zaporojie pour les familles de déplacés.

"La famille de sa mère est toujours à Marioupol et nous ne savons pas s'ils sont en vie", a-t-elle ajouté. "Il n'y a pas de mots pour dire combien je suis heureuse de la voir en sécurité".

Nouvelle tentative d'évacuation du CICR à Marioupol ce samedi

Ces habitants de Marioupol avaient réussi à rejoindre la ville de Berdiansk, occupée par les forces russes, où elles avaient été prises en charge par le convoi, selon les témoignages d'arrivants à l'AFP et des responsables officiels.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui devait prendre part à l'évacuation, avait annoncé vendredi que son équipe envoyée à Marioupol avait dû rebrousser chemin, l'évacuation prévue de milliers de civils de cette ville portuaire assiégée par les forces russes étant "impossible" ce jour.

"L'équipe du CICR, qui comprend trois véhicules et neuf personnes, n'a pas atteint Marioupol et n'a pas pu faciliter le passage en toute sécurité des civils aujourd'hui", avait alors déclaré l'organisme dans un communiqué.

Photo : AP (Satellite image ©2020 Maxar Technologies)
Cette image satellite fournie par Maxar Technologies montre des immeubles d'habitation et des maisons endommagés à Marioupol, en Ukraine, mardi 29 mars 2022.Photo : AP (Satellite image ©2020 Maxar Technologies)

"Ils essayeront à nouveau samedi de faciliter le passage en toute sécurité de civils de Marioupol", a ajouté la Croix-Rouge.

Cette dernière a souligné que "pour que l'opération réussisse, il est essentiel que les parties respectent les accords et fournissent les conditions nécessaires et les garanties de sécurité".

Des conditions fragilisées par la poursuite des combats. La Russie a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir mené une frappe par hélicoptères sur son sol et agité la menace d'un durcissement des négociations.