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Le témoignage poignant de réfugiées qui ont fui les horreurs de la guerre à Boutcha

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Par Anelise Borges
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La famille de Mariia a vécu douze jours dans un abri souterrain
La famille de Mariia a vécu douze jours dans un abri souterrain   -   Tous droits réservés  Euronews

Les images insoutenables des corps amassés dans les rue de Boutcha sonnent comme un nouveau traumatisme pour les rescapées qui sont parvenus à fuir la banlieue de Kyiv.

"Les premières explosions à Boutcha ont été très puissantes. Nos fenêtres ont tremblé. Le sol a tremblé. Nous sommes sortis de notre bâtiment, car nous ne comprenions pas ce qui se passait. Nous ne savions pas quoi faire, où nous cacher. Etait-on plus en sécurité à la maison ? Ou au contraire, était-il plus sûr de quitter l'appartement le plus vite possible ? Nous entendions le bruit des hélicoptères, nous les voyions, mais nous ne comprenions pas ce qui se passait ", se souvient Mariia Kozlova, une réfugiée ukrainienne, rencontrée à Paris par notre journaliste Anelise Borges.

Au début de la guerre, Maria a emmené son fils et sa grand-mère dans un abri souterrain pour les mettre en sécurité. Après 12 jours sans eau, gaz et électricité, Olga, 94 ans, survivante de l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, a montré les premiers signes de fatigue et fait plusieurs malaises. La famille a dû quitter son abri.

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La famille de Mariia dans un appartement à Paris.Euronews

"Ayant déjà vécu une guerre, je pensai que je survivrai à celle-ci. Mais c'était pire. Les Russes s'en sont pris à des civils, parce qu'ils ne pouvaient pas atteindre les militaires. Ils ont brutalisé des citoyens qui ne demandaient rien. Ils ont violé des gens. C'était tellement effrayant ! Je ne sais même pas si ces gens ont pu s'en sortir car on a quitté le pays en catastrophe. Les Russes sont pourtant nos "frères". Nous deux langues sont très proches. Comment peuvent-ils se comporter ainsi et détruire nos villes et nos villages ? " interroge la grand-mère, Olga Kuzmenko.

Cette destruction totale évoquée par Olga est révélée au fur et à mesure que les troupes ukrainiennes gagnent du terrain et reprennent des villes ravagées par le passage de l'armée russe.

" On est anéantis "lance Mariia.__"C'est tellement dur de voir notre ville, nos rues complètement détruites. On veut rentrer chez nous. On veut rentrer car on se sent capable de reconstruire notre pays."

Mais le retour est prématuré. Dans la ville de Boutcha, les autorités ramassent encore les cadavres des civils éparpillés dans la rue. Les opérations de déminage vont durer au moins 5 semaines. Alors, il sera peut-être temps de rentrer pour Olga, Mariia et son fils de rentrer en Ukraine et commencé à reconstruire un pays, détruit et meurtri comme des millions de vies.