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Ukraine : Marioupol sur le point de tomber aux mains des Russes

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Par Euronews  avec AFP
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Des civils passent devant un char détruit lors des combats dans une zone contrôlée par les forces séparatistes soutenues par la Russie à Marioupol, mardi 19 avril 2022.
Des civils passent devant un char détruit lors des combats dans une zone contrôlée par les forces séparatistes soutenues par la Russie à Marioupol, mardi 19 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Alexei Alexandrov (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Les combats s'intensifiaient mercredi dans l'est et le sud de l'Ukraine où l'armée russe semblait près de s'emparer du port stratégique de Marioupol, Kyiv recevant cependant un soutien croissant des Européens et des Etats-Unis, notamment en armes lourdes.

"Nous ferons tout notre possible pour vous soutenir et pour faire en sorte que l'Ukraine gagne la guerre", a déclaré à Kyiv le président du Conseil européen Charles Michel, venu rencontrer le président Volodymyr Zelensky. Il a notamment promis que des sanctions cibleraient bientôt les exportations russes de pétrole et de gaz, comme le réclame M. Zelensky.

Le président russe Vladimir Poutine"ne réussira ni à détruire la souveraineté de l'Ukraine, ni à diviser l'Union européenne", a ajouté M. Michel, à trois jours du verdict de la présidentielle en France lors de laquelle une victoire de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen bouleverserait les équilibres européens.

Volodymyr Zelensky, a pour sa part évoqué la situation tragique à Marioupol, où les deniers militaires ukrainiens retranchés dans une usine, pilonnée et assiégée, ont avec eux "des centaines de blessés" et "environ un millier de civils, femmes et enfants", qu'ils "protègent au prix de leur vie".

Le ministère ukrainien de la Défense a souligné mercredi que l'armée russe "concentrait l'essentiel de ses efforts sur la prise de Marioupol et poursuivait ses tentatives d'assaut près de l'aciérie Azovstal", dernier îlot de résistance de ce port situé sur la mer d'Azov, à l'extrémité sud du Donbass.

Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du bataillon Azov, une des deux formations ukrainiennes qui résistent encore à Marioupol, a souligné mercredi dans un message video sur Telegram que la situation était "critique" dans l'usine pilonnée par l'aviation russe avec "des bombes super puissantes". Il a appelé les dirigeants internationaux à "sauver avant tout" les civils se trouvant dans l'usine.

"Bombes super puissantes"

"Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures", avait déclaré dans la nuit de mardi à mercredi Serguiï Volyna, commandant de l'autre formation présente, la 36e brigade d'infanterie de marine, dans un message posté sur Facebook.

Après trois jours sans couloir humanitaire, Kyiv a indiqué mercredi matin être arrivé à "un accord préliminaire" avec les Russes pour évacuer des civils de Marioupol vers Zaporijjia, à quelque 200 km au nord-ouest.

Mais les cars d'évacuation ont pris du retard et n'étaient plus attendus avant jeudi au plus tôt, a indiqué à l'AFP un responsable de l'accueil des réfugiés à Zaporijjia.

La situation dans la ville, où au moins 20 000 personnes ont péri depuis début mars selon le conseil municipal, est "catastrophique", selon la première vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

La Russie, qui a lancé plusieurs ultimatums aux défenseurs de Marioupol, est déterminée à prendre ce port qui lui permettrait de faire la jonction entre la Crimée, qu'elle a annexée en 2014, et les républiques séparatistes du Donbass.

Sa prise permettrait aussi à Moscou d'injecter des forces supplémentaires dans l'offensive visant à prendre le contrôle de l'ensemble du Donbass, que les séparatistes contrôlent en partie depuis 2014.

Au-delà de Marioupol, les combats semblaient s'intensifier tant dans l'est que dans le sud de l'Ukraine.

"Tentatives d'assaut" dans le Donbass

Le ministère ukrainien de la Défense a fait état mercredi matin de "tentatives d'assaut" sur les localités de Soulyguivka et Dibrivné, dans la région de Kharkiv (est), ainsi que sur Roubijné et Severodonetsk, dans la région de Lougansk (est).

"La situation se complique d'heure en heure", a écrit sur Telegram le gouverneur de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, renouvelant ses appels aux civils à évacuer. "Mettez-vous en sécurité (...). Partez !", a-t-il écrit.

Les bombardements s'intensifiaient aussi dans le sud, notamment sur les villages de Mala Tokmatchka et d'Orikhiv, à 70 km au sud-est de Zaporijjia, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nouvelles armes pour Kiev

"Cette nouvelle phase" de la guerre, comme l'a qualifiée mardi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, s'annonce acharnée. D'autant que l'Ukraine reçoit désormais des armes lourdes que les Occidentaux hésitaient à lui fournir auparavant.

Après la livraison de pièces d'artillerie annoncée la semaine dernière par le président états-unien Joe Biden, les Ukrainiens ont désormais "à leur disposition plus d'avions de chasse qu'il y a deux semaines", a déclaré mardi le porte-parole du Pentagone John Kirby. Il a cependant précisé mercredi que contrairement à ce qu'il avait laissé entendre la veille, l'Ukraine avait reçu des pièces détachées permettant de remettre en état ses propres avions, et non de nouveaux avions.

"J'avais compris que l'offre d'un autre pays de la région de fournir des avions entiers à l'Ukraine... avait été mise en oeuvre. Ce n'est pas le cas", a déclaré le porte-parole à la presse.

La Pologne avait précédemment déclaré mettre à disposition des Mig-29 soviétiques dont les pilotes ukrainiens sont familiers, mais sa proposition avait officiellement été écartée par les Etats-Unis de crainte d'une escalade.

Washington s'apprête aussi à approuver un nouveau paquet d'aide militaire s'élevant à 800 millions de dollars, moins d'une semaine après une annonce d'une tranche du même montant, selon plusieurs médias américains.

En retour, le président russe Vladimir Poutine a annoncé mercredi un essai réussi d'un nouveau missile balistique "qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer notre pays". Ce tir était un essai de "routine" et ne constituait "pas une menace" pour les Etats-Unis ni leurs alliés, a relativisé le Pentagone.