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Serbie : la population bouderait une adhésion à l'UE selon un sondage

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Par Euronews  avec AFP
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Le président serbe lors d'une conférence de presse après avoir revendiqué la victoire à l'élection présidentielle à Belgrade, en Serbie, dimanche 3 avril 2022.
Le président serbe lors d'une conférence de presse après avoir revendiqué la victoire à l'élection présidentielle à Belgrade, en Serbie, dimanche 3 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Darko Vojinovic (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Selon un sondage réalisé par Ipsos, en cas de référendum en Serbie, 44% des Serbes seraient opposés à une adhésion de leur pays à l'Union européenne et 35 % pour. C'est la première fois en vingt ans qu'il y aurait plus de Serbes opposés à l'UE que de Serbes favorables.

Pour le président Aleksandar Vucic qui vient d'être réélu, cette baisse de l'intérêt des Serbes envers l'UE serait partagée par son parti. C'est ce qu'il a répondu à Euronews.

"Je crois que la Serbie a sa place dans l'Union européenne. Nous devrions poursuivre notre chemin européen et nous devrions nous battre pour un cheminement digne en direction de l'Europe. Mais nous devons conserver notre indépendance dans la prise de décision, au moins jusqu'à ce que nous devenions membre de l'UE", a déclaré le président serbe.

Les résultats de cette étude ont été publiés au moment où le Parlement européen a dit regretter que la Serbie ne se soit pas conformée aux sanctions de Bruxelles après l'invasion russe en Ukraine.

"Mon opinion est que ce sondage a été réalisé pour analyser les effets d'une possible décision du gouvernement serbe d'imposer des sanctions à la Russie et d'accepter toutes les mesures restrictives imposées par l'UE à la Russie", analyse Nemanja Todorovic Stiplija de European Western Balkans.

Selon les sondeurs et autres experts, la baisse du soutien de la population à l'adhésion à l'Union européenne devrait influencer les orientations du futur gouvernement serbe.

Le chancelier allemand plaide pour accélérer l'adhésion des Balkans occidentaux

Le chancelier allemand Olaf Scholz a plaidé le 11 avril dernier pour une accélération de l'adhésion des Balkans occidentaux à l'Union Européenne, bloquée depuis des années, évoquant "une époque nouvelle" dans le contexte de l'invasion russe en Ukraine.

Le chancelier social-démocrate a promis de contribuer à faire progresser le dossier "avec toute la force" dont il dispose lors d'une conférence de presse avec son homologue albanais Edi Rama à Berlin.

"Mon impression est que nous vivons dans une nouvelle époque et cela a aussi à voir avec l'agression russe" en Ukraine, a-t-il dit.

La nécessité de rechercher des positions communes s'est renforcée au sein de l'UE, a-t-il estimé, et c'est pourquoi "le moment est favorable à l'avancement" du processus d'adhésion des Balkans occidentaux, a-t-il ajouté.

En octobre, les dirigeants de l'Union européenne ont réitéré lors d'un sommet en Slovénie "leur engagement envers le processus d'élargissement", suscitant de nouvelles déceptions chez les six candidats à l'adhésion européenne (Albanie, Bosnie, Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord et Kosovo) qui espéraient une promesse de calendrier.

Face à ce statu quo, la Russie et la Chine avancent leurs pions depuis des années dans cette région stratégique, en envoyant notamment des millions de doses de vaccin pour l'aider à lutter contre la pandémie de coronavirus.

Si l'Albanie, la Macédoine du Nord et le Monténégro sont membres de l'Otan, Moscou entretient des liens profonds avec les pays orthodoxes comme la Serbie.

L'influence de Moscou en Serbie reste omniprésente, la Russie étant un partenaire crucial de l'économie serbe dans le domaine de l'énergétique.

La Russie est par ailleurs le principal allié, du fait de son droit de veto à l'ONU, de Belgrade dans son refus de reconnaître l'indépendance, proclamée en 2008, de son ex-province du Kosovo.