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Serbie : le chef de l'Etat sortant Aleksandar Vucic remporte largement la présidentielle

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Par euronews  avec AFP, AP
Aleksandar Vucic revendiquant la victoire à la présidentielle de ce dimanche / Belgrade (Serbie), le 03/04/2022
Aleksandar Vucic revendiquant la victoire à la présidentielle de ce dimanche / Belgrade (Serbie), le 03/04/2022   -   Tous droits réservés  Darko Vojinovic/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

En Serbie, Aleksandar Vucic a remporté la présidentielle de ce dimanche, avec près de 60% des voix dès le premier tour, d'après des résultats partiels. Son parti est arrivé largement en tête des législatives.

Une réélection dès le premier tour. Le président populiste de centre-droit Aleksandar Vucic a décroché plus de 60% des voix lors du scrutin présidentiel organisé ce dimanche.

Lors d'une déclaration après l'annonce de sa réélection, il a évoqué le principal défi que devait selon lui affronter la Serbie : poursuivre son chemin vers l'intégration européenne, tout en conservant ses liens avec ses traditionnels alliés.

Je crois que beaucoup de défis nous attendent, mais le plus important pour la Serbie est d'avoir de bonnes relations dans la région. D'un côté poursuivre son chemin vers l'intégration européenne mais de l'autre ne pas détruire ses liens avec ses amis traditionnels
Aleksandar Vucic
Président serbe

Dans l'opposition, l'ancien général Zdravko Ponos et sa coalition Serbie Unie, une alliance démocratique et pro-européenne, recueillent 17% des voix.

Son principal rival, le général à la retraite Zdravko Ponos, candidat surprise présenté par le camp pro-européen de l'opposition, a obtenu 17% des voix.

Avant le scrutin, les sondages prédisaient un second mandat pour Aleksandar Vucic. Tout au plus, l'opposition espérait obliger le chef de l'Etat sortant à disputer un second tour.

Le règne d'Aleksandar Vucic

Elu président en 2017, Aleksandar Vucic avait été auparavant vice-Premier ministre et Premier ministre.

Durant son règne, il a resserré son emprise sur tous les niveaux du pouvoir, y compris un contrôle de facto des institutions et de la quasi-totalité des médias. Il bénéficie d'une vaste base électorale constituée de fonctionnaires et de leurs proches, selon les analystes.

Dans les mois précédant la campagne, le président a également distribué des aides financières, faisant dire à ses critiques qu'il cherchait à "acheter" des voix.

Législatives : succès du parti au pouvoir

Les Serbes votaient aussi pour renouveler leur parlement. Et le parti au pouvoir, le Parti serbe du progrès (SNS, centre-droit) du président Vucic, est arrivé en tête, cumulant près de 45% des voix.

Aucun des partis d'opposition ne dépasse les 15%. Ces formations (de centre-gauche, de centre droit ou d'extrême-droite) avançaient en ordre dispersé.

Avant le vote de ce dimanche, les analystes indiquaient que l'opposition n'avait guère de chance de bouleverser la composition du parlement sortant, acquis quasi-entièrement à une coalition pro-Vucic.

Les électeurs serbes étaient appelés également à désigner plusieurs conseils municipaux, dont celui de Belgrade, la capitale.

Incidents, selon les ONG

Des ONG ont fait état d'incidents et de violences tandis que des opposants dénonçaient des tentatives d'intimidation des électeurs par le SNS dans les bureaux de vote.

Pavle Grbovic, leader d'un parti d'opposition de centre-gauche, a affirmé avoir été attaqué par des militants du SNS en tentant de filmer des fraudes à Belgrade.

La Serbie, l'Ukraine et la Russie

L'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février a changé le cours de la campagne électorale qui aurait dû se concentrer sur l'environnement, la corruption et les droits dans ce pays des Balkans candidat à l'Union européenne.

Mais Aleksandar Vucic, habitué à jouer des influences rivales de l'Est et l'Ouest, s'est emparé de la guerre à son avantage. Dans un pays subissant comme ailleurs la pandémie du coronavirus, Vucic s'est présenté comme le seul capable de barrer le navire par temps d'orage. Il a fait campagne sous le slogan "Paix. Stabilité. Vucic".

Le gouvernement a manœuvré avec précaution pour gérer la crise en Ukraine en condamnant officiellement la Russie à l'ONU tout en s'abstenant de toute sanction contre Moscou alors que de nombreux Serbes soutiennent la guerre du Kremlin.

Certains partis d'opposition partagent ces vues pro-russes. Les autres n'osent pas se prononcer de peur de déplaire aux électeurs pro-Moscou.