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Vivre sous les bombes : le quotidien des Ukrainiens qui n'ont pas pu fuir

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Par Euronews
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Plus de 5 millions d'Ukrainiens ont fui à l'étranger depuis le 24 février.
Plus de 5 millions d'Ukrainiens ont fui à l'étranger depuis le 24 février.   -   Tous droits réservés  Leo Correa/Copyright 2022 The Associated Press.

Plus de 12 millions d'Ukrainiens ont fui leur domicile depuis le début de l'invasion russe, dont plus de 5 millions à l'étranger. Pourtant, certains n'ont pas eu cette opportunité. Dans la ville de Roubijné, pilonnée depuis plusieurs semaines par les forces russes, une douzaine de personne a trouvé refuge dans une cave. 

Certains n'ont pas quitté l'abri depuis plusieurs semaines, par peur des bombardements incessants. Mikhailo assure pourtant qu'il ne souhaite pas quitter la ville : "Ma patrie est ici. Où pourrais-je aller ? Je n'ai pas peur. On ne peut pas mourir deux fois".

Les personnes présentes dans la cave ont un point commun : toutes n'ont pas eu d'autre choix que de rester à Roubijné, comme l'explique Lyudmila, qui vit dans le refuge depuis le 15 mars avec sa mère Nina. "Ceux qui n'avaient nulle part où aller en Ukraine sont restés ici. Ma maman aura 90 ans en août, je ne peux pas la soulever seule, pour l'amener à la voiture."

Ma patrie est ici. Où pourrais-je aller ? Je n'ai pas peur. On ne peut pas mourir deux fois.
Mikhailo
habitant de Roubijné

A 200 km au nord de Roubijné, dans la ville de Kharkiv, plusieurs centaines de personnes ont trouvé refuge dans le métro. Elena et sa famille ont fui leur village quand il a été envahi par l'armée russe, pour se réfugier chez des proches à Kharkiv, mais là aussi, la situation s'est révélée très dangereuse. "Chez ma grand-mère, nous avons vu des hélicoptères exploser, nos militaires ont abattu des hélicoptères qui n'étaient pas les nôtres. Puis il y avait des avions qui arrivaient ... Nous n'en pouvions plus, alors nous avons décidé qu'il serait plus sûr de vivre dans le métro que dans la cave", témoigne la jeune femme.

"Il y a environ 700 personnes ici. La plupart d'entre elles ne veulent pas quitter la ville. Beaucoup sont des personnes âgées. C'est déjà une chance qu'elles soient venus ici, dans le métro. Beaucoup restent dans leurs appartements jusqu'à ce que la vitre de leur logement explose", se désole Yulia, une bénévole qui aide les réfugiés dans le métro. 

Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine avant la guerre, comptait 1,5 million d'habitants. Aujourd'hui, il n'en reste qu'une poignée. La ville est bombardée jour et nuit depuis que les forces russes ont tenté de s'en emparer au début de l'invasion.