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Au Liban, le blé ukrainien vient à manquer cruellement

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Par Stephane Hamalian  & Euronews
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Devant une boulangerie à Beyrouth, le 27 juin 2020
Devant une boulangerie à Beyrouth, le 27 juin 2020   -   Tous droits réservés  Hassan Ammar/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Conséquence de l'invasion russe, le blé ukrainien ne s'exporte presque plus. Les agriculteurs continuent tout de même de cultiver leurs céréales malgré les risques de bombardements.

Avec le blocage des ports ukrainiens de la mer Noire, impossible de faire du commerce. Le blé cultivé l'année dernière est encore dans les stocks et la prochaine récolte doit arriver dans une vingtaine de jours.

"Nous voudrions nous organiser pour trouver un spécialiste de la logistique qui nous aidera, ou mettre en commun nos fermes pour acheter des moyens de transports pour qu'on puisse nous même transporter nos productions" déplore Maksim Vorobyov, agriculteur ukrainien de 34 ans.

Les silos à céréales détruits dans l'explosion du port

L'arrêt des activités d'import-export en Ukraine se ressent à plus de 2000 kilomètres, au Liban. Le pays déjà en grande difficulté financière, importe 90% de son blé. La guerre en Ukraine s'est ajoutée aux problèmes d'infrastructures du pays.

"Il y a actuellement environ 40 000 tonnes de blé dans le pays" indique le ministre du commerce Emin Selam. "Mais nous avons une situation très difficile car le Liban a perdu ses réserves nationales après l'explosion du port de Beyrouth. Mais nous travaillons avec la Banque mondiale, l'Ukraine et d'autres pays pour fournir du blé au Liban chaque mois" tente-t-il de rassurer.

"La solution à cette crise est d'augmenter la capacité de production du Liban car nous ne pouvons produire que 10 % du blé dont le marché a besoin. Il est nécessaire d'augmenter la production, de reconstruire les silos et d'apporter un soutien aux agriculteurs" indique-t-il.

"Nous prévoyons la reconstruction des silos à blé et à céréales dans trois endroits différents : dans le port de Beyrouth, à Tripoli et à Bekaa. Au total, un budget de 40 millions de dollars est nécessaire pour ces trois silos" souligne-t-il.

Des problèmes quasi-similaires en Egypte et en Libye

En avril, les boulangeries du pays ont même dû fermer pendant plus jours face à la hausse des prix. Mais sur place les professionnels du secteur craignent une crise.

"Nous ne pouvons pas nier que la guerre entre la Russie et l'Ukraine a eu un effet sur le Liban et le reste du monde, mais le principal problème ici est le dollar. Nous n'avons pas de dollars au Liban. Si vous avez des dollars, vous pouvez tout résoudre" déplore un boulanger de la capitale libanaise.

Des problèmes similaire se posent notamment en Libye et en Egypte, deux pays très dépendants des exportations russes et ukrainiennes.