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Les cheminots britanniques entament leur plus grande grève en 30 ans

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Par Margaux Racaniere
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Les passager arrivent à la station de Waterloo à Londres. Les métros londoniens, comme les trains, fonctionnent à régime très réduit pendant la grève.
Les passager arrivent à la station de Waterloo à Londres. Les métros londoniens, comme les trains, fonctionnent à régime très réduit pendant la grève.   -   Tous droits réservés  BEN STANSALL/AFP

Le Royaume-Uni fait face à l’une des grèves les plus importantes du secteur ferroviaire depuis 30 ans. Les voies ferrées du pays et le métro londonien sont bloqués de mardi à jeudi. Seuls 20% des services pourront être assurés a confirmé le ministre britannique des transports, Grant Shapps, devant la Chambre des communes ce lundi.

A l’origine de cette grève, un accord sur les salaires jugé insuffisant entre les sociétés d’exploitation de chemin de fer et les cheminots. Les syndicats demandent une hausse des salaires à la hauteur de l’inflation record qui a atteint le pays. Celle-ci est montée à 9%, en grande partie en raison de la guerre en Ukraine.

Des militants du bourg de Barnet, dans le nord de Londres ont exprimé leur soutien au mouvement de grève sur Twitter

La responsabilité du gouvernement conservateur mise en cause

Depuis la fin des années 1990, l’état finance à moitié le « Network train » qui pilote le système ferroviaire du pays et fixe ses règles de fonctionnement. Les syndicats et l'opposition travailliste accusent le gouvernement de ne pas reconnaître sa responsabilité dans le conflit avec les entreprises d'exploitation du rail. Dans sa communication, le plus important syndicat du secteur, le RMT vise directement le Parti de Boris Johnson. Ils utilisent par exemple le hashtag "ToryRailStrikes", soit la "grèves des transports des Conservateurs". 

Le ministre des transports de son côté a assuré que la dispute devrait être résolue entre salariés et employeurs. Il a plaidé en faveur d’une loi pour forcer les opérateurs à assurer un service minimum pendant les grèves dans le domaine des transports. Le Royaume-Uni, comme la France, ne possède pas de règle qui instaure un service minimum dans l'ensemble des services essentiels, comme le précise une note du sénat français de juin 2022. (contrairement au Portugal, à l'Espagne à l'Italie et à l'Allemagne).

Instaurer un niveau de service minimum impliquerait d'autoriser les exploitants ferroviaires à faire appel à des travailleurs extérieurs pendant les grèves. Un fait interdit depuis 1973. 

Le discours du ministre des transports Grant Shapps devant la Chambre des Communes.

"L'été du mécontentement"

Cette grève intervient dans le contexte de la reprise des transports collectifs largement ralentis pendant la pandémie de Covid-19. Le gouvernement conservateur souhaite mettre en place une modernisation du système ferroviaire pour le rendre plus attractif et rentable. Le secteur avait été soutenu à hauteur de 160 milliards  de livres (soit 186 milliards d'euros) pour éviter des licenciements pendant la crise.

Des grèves similaires sont prévues pour cet été dans d'autres domaines comme l'éducation ou la justice. Une vague de mouvements sociaux que certains syndicats appellent de leurs vœux sous le nom de "l'été du mécontentement".  Certains avocats ont déjà voté en faveur d'un mouvement social dès la semaine prochaine, en conflit avec le gouvernement sur le montant de l'aide juridictionnelle.

Sources additionnelles • Afp, Efe