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Rafle du Vél d’Hiv : Emmanuel Macron appelle à "redoubler de vigilance" face à l'antisémitisme

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Par euronews  avec AFP
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Emmanuel Macron était à Pithiviers pour d'inauguration d'un musée ouvert dans l'ancienne gare à la mémoire des Juifs déportés
Emmanuel Macron était à Pithiviers pour d'inauguration d'un musée ouvert dans l'ancienne gare à la mémoire des Juifs déportés   -   Tous droits réservés  CHRISTOPHE PETIT TESSON/AFP

Pour le 80ème anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv, le président Emmanuel Macron était à Pithiviers afin d'inaugurer le musée ouvert dans l'ancienne gare d'où sont partis 8 100 juifs, dont 4 400 enfants, pour le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. 

"Il y a huit décennies, la France de Vichy trahissait ses enfants en livrant des milliers d’entre eux à leurs bourreaux. C'est le devoir de la France, pour être fidèle à elle-même, de le reconnaître et de ne rien céder à ce combat contemporain contre l’antisémitisme", a déclaré le chef de l'Etat en se rendant sur un nouveau lieu de mémoire de la Shoah avec quatre ministres.

Emmanuel Macron a repris les mots de Jacques Chirac qui, en 1995, avait marqué les esprits en reconnaissant, le premier, la pleine responsabilité de la France dans la Rafle du Vel d'Hiv, à laquelle aucun soldat allemand n'a participé. 

"Ces heures noires souillent à jamais notre histoire. La France ce jour-là accomplissait l'irréparable", avait déclaré l'ancien président, suivi ensuite par ses successeurs.

"N’en déplaise à certains, cette gare témoigne de l’antisémitisme profond et inhumain de l'Etat français", qui "a mis à disposition des Allemands sa police, sa gendarmerie, ses trains...", a souligné Eric de Rotschild, le président du Mémorial de la Shoah, responsable du site.

Emmanuel Macron appelle à "ne rien céder" à l'antisémitisme "rampant"

Près de 30 ans après, l'antisémitisme "peut prendre d'autres visages, se draper dans d'autres mots, d'autres caricatures", a estimé Emmanuel Macron. "Mais l'odieux antisémitisme est là, il rode, toujours vivace, persiste, s'obstine, revient", a-t-il poursuivi, évoquant tour à tour la "barbarie terroriste", les "assassinat et crimes", les résurgences sur "les réseaux sociaux" ou les "profanations de tombes".

"Il s'immisce dans les débats sur les plateaux de télévision. Il joue de la complaisance de certaines forces politiques. Il prospère aussi autour d'une nouvelle forme de révisionnisme historique, voire de négationnisme", a-t-il insisté, faisant allusion, sans le nommer, au candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle Eric Zemmour qui avait notamment soutenu que le maréchal Pétain aurait "sauvé" des juifs français durant la Seconde Guerre mondiale.

"Ni Pétain, ni Laval, ni Bousquet, ni Darquier de Pellepoix, aucun de ceux-là n'a voulu sauver des Juifs. C'est une falsification de l'histoire que de le dire", a répondu le chef de l'Etat. "Ceux qui s'adonnent à ces mensonges ont pour projet de détruire la République et l'unité de la Nation", a-t-il fustigé.

"Regarder notre vérité en face, ce n'est pas affaiblir la France ni se repentir. C'est reconnaître tout pour ne pas le reproduire", a exhorté M. Macron.

L'importance d'enseigner cette période de l'Histoire

Comme Emmanuel Macron, plusieurs personnalités présentes à Pithiviers ont insisté sur l'importance d'enseigner cette période de l'Histoire "pour que les jeunes la connaissent et aient l'esprit critique", selon Serge Klarsfeld, le président de l'Association des fils et filles de déportés juifs.

Alors que le nombre de témoins de la Shoah encore vivants se réduit inexorablement, la priorité du musée de la gare de Pithiviers est d'accueillir les scolaires en leur montrant des films et des images, notamment de portraits des victimes.

Dans la matinée, la Première ministre Elisabeth Borne a assisté à la traditionnelle cérémonie sur le site de l'ancien Vélodrome d'Hiver, en présence notamment de la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Polémique autour de Pétain

La journée a été marquée par une polémique autour d'un tweet de la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot, qui a appelé à "ne pas oublier les crimes" de la Rafle, "aujourd'hui plus que jamais, avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN".

En 2018, M. Macron avait qualifié Pétain de "grand soldat" durant la Première Guerre mondiale, même s'il a ensuite "conduit des choix funestes".