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République Tchèque : démolition d'une ferme construite sur un ancien camp nazi pour roms

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Par Euronews  avec AFP
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Cenek Ruzicka, descendant de prisonniers roms, tient symboliquement un pic pendant le début officiel de la démolition de la ferme.
Cenek Ruzicka, descendant de prisonniers roms, tient symboliquement un pic pendant le début officiel de la démolition de la ferme.   -   Tous droits réservés  TOMAS NOVAK/AFP or licensors

La démolition d'un élevage porcin, construit en République tchèque sur le site d'un ancien camp de concentration nazi pour Roms, a commencé vendredi après des décennies de controverse.

Pendant la Seconde guerre mondiale, 1300 Roms environ ont été internés par les Nazis dans le camp de Lety, situé à 80 km au sud de Prague.

327 roms y sont morts, parmi lesquels 241 enfants de moins de 14 ans, et plus de 500 ont été déportés vers le camp de la mort d'Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne occupée par les nazis.

Dans les années 1970, la République tchécoslovaque, pays du bloc communiste, a fait construire un élevage porcin sur l'ancien site du camp.

Après la chute du régime communiste en 1989, la Tchécoslovaquie a été divisée en deux États quatre ans plus tard.

Des décennies d'attente

Mais il aura fallu des décennies au gouvernement pour autoriser le démantèlement de l'élevage. Les Roms, paupérisés, vivent pour leur part toujours aux marges de la société tchèque.

"Nous clôturons aujourd'hui un chapitre honteux de notre histoire moderne", a déclaré la présidente du parlement tchèque Marketa Pekarova Adamova lors d'une cérémonie qui s'est tenue à Lety.

Les responsables présents à la cérémonie ont effectué une destruction symbolique de l'édifice en démontant les briques d'un modèle miniature du bâtiment.

Cenek Ruzicka, fils d'une survivante du camp de Lety, s'est pour sa part attaqué, pioche en main, à l'un des murs de la ferme qui avait abrité dans le temps jusqu'à 13 000 porcs.

Guidé par ma culture

En 1995, le président tchèque Vaclav Havel avait inauguré un mémorial près de la ferme, mais les autorités n'avaient pas touché l'exploitation, qui appartenait à un gestionnaire privé.

Il aura fallu attendre 2018 pour que le gouvernement tchèque rachète le site et entreprenne la construction d'un mémorial de l'Holocauste rom, sous la pression de la minorité rom et d'instances internationales, dont les Nations Unies et l'Union européenne.

Un espace d'accueil du public sera inauguré au début de l'année prochaine, et sera le premier édifice d'un futur mémorial estimé à au moins 100 millions de couronnes tchèques, soit environ 4 millions d'euros.

Cenek Ruzicka, dont la grand-mère et la petite sœur ont perdu la vie à Lety, a été la cheville ouvrière du projet : "J'ai été guidé par ma culture. Les membres de la communauté rom tchèque sont formidablement fiers, et n'abandonnent jamais".

La République tchèque, pays membre de l'UE de 10,5 millions d'habitants, a une communauté rom estimée à entre 250 000 et 300 000 personnes.

Sur les 9500 Roms tchèques dénombrés avant la Seconde guerre mondiale, moins de 600 ont survécu à l'Holocauste.

Selon les historiens, les nazis ont exterminé plus de la moitié du million de Roms qui vivaient en Europe avant la Seconde guerre mondiale.