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Le FMI n'exclut pas une récession mondiale

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Par euronews  avec AFP
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Sigle du Fonds Monétaire International
Sigle du Fonds Monétaire International   -   Tous droits réservés  Andrew Harnik/Copyright 2021 The Associated Press.

L'économie mondiale est en berne et l'avenir s'annonce sombre. Le diagnostic est signé du Fonds monétaire international qui révise à la baisse ses prévisions de croissance et alerte sur le risque d'une récession mondiale. Ainsi cette année, il ne faudra pas s'attendre à une croissance supérieur à 3,2% , soit 0,4 point de moins que les dernières prévisions.

"L'économie mondiale est encore sous le choc de la pandémie et de l'invasion russe de l'Ukraine. Nous sommes maintenant confrontés à des perspectives de plus en plus sombres et incertaines. La croissance de la production mondiale a été révisée à la baisse à 3,2 % cette année et à 2,9 % l'année prochaine, tandis que l'inflation a été révisée à la hausse à 6,6 % dans les économies avancées et à 9,5 % dans les économies émergentes et en développement. Les trois plus grandes économies du monde, les États-Unis, la Chine et l'Europe sont au point mort" explique Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef au FMI.

La prévision de croissance des Etats-Unis pour cette année est abaissée de 1,4 point par rapport à avril, à 2,3%.

Et la probabilité que la première économie du monde échappe à la récession est désormais faible, a averti M. Gourinchas lors d'une conférence de presse: "l'environnement actuel suggère que la possibilité que les Etats-Unis échappent à la récession est mince en effet (...) C'est un chemin très étroit".

La Chine a, elle, enregistré "un ralentissement pire que prévu", avec 3,3% de croissance projetée (-1,1 point) à cause des fermetures liées au Covid-19 et de "l'aggravation de la crise immobilière".

Quant à la zone euro, la prévision de croissance est abaissée de 0,2 point, à 2,6%, plombée par l'Allemagne, la France et l'Espagne, en conséquence, entre autres, de la guerre en Ukraine.

La Russie en revanche, qui fait face à une vague de sanctions internationales, devrait s'en sortir mieux que prévu en 2022, enregistrant un plongeon de son PIB de 6%, et non de 8,5% comme anticipé il y a trois mois, ce qui reste "une récession très sévère", a commenté le chef économiste.

Les prix ne cessent de grimper, partout dans le monde. L'inflation devrait atteindre 8,3% cette année à l'échelle mondiale. La guerre en Ukraine fait flamber les coûts de l'alimentation et de l'énergie. Des prix qui pourraient encore augmenter ;" l'arrêt complet des exportations de gaz russe vers les économies européennes en 2022 ferait largement augmenter l'inflation dans le monde" prévient le FMI. 

Face à cela, les Banques centrales, dont la Fed aux Etats-Unis et la BCE en Europe, ont commencé à refermer le robinet des liquidités pour restreindre la consommation et desserrer la pression sur les prix.

Et elles doivent continuer, "parce qu'il est nécessaire de planter les graines de la stabilité macro-économique future", a commenté Pierre-Olivier Gourinchas.

Mais cela ne se fera pas sans mal: "une politique monétaire plus stricte aura inévitablement des coûts économiques, mais tout retard ne fera que les exacerber".