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Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky appelle à évacuer la région de Donetsk

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Par euronews  avec AFP, AP
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky   -   Tous droits réservés  AP

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé samedi soir les habitants de la région de Donetsk à évacuer pour échapper à la "terreur russe" et aux bombardements sur ce territoire de l'est du pays.

"Une décision gouvernementale a été prise sur l'évacuation obligatoire de la région de Donetsk", a déclaré M. Zelensky dans une adresse vidéo en soirée. "S'il vous plaît, évacuez", a-t-il demandé. "Plus les habitants quittent la région de Donetsk maintenant, moins l'armée russe tuera de personnes".

"A ce stade de la guerre, la terreur est la principale arme de la Russie", a-t-il martelé.

Au moins 200 000 civils vivent encore dans les territoires de la région de Donetsk qui ne sont pas sous occupation russe, selon une estimation des autorités ukrainiennes.

"Au total, il y a actuellement environ 52 000 enfants dans la région de Donetsk. Les policiers expliquent aux parents que l'évacuation implique de fournir un logement et d'apporter toute l'aide nécessaire", a précisé la police nationale, chargée de l'opération.

Les frappes russes sur les villes de la région font pratiquement tous les jours des victimes dans la population civile. Dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée ukrainienne a fait état de frappes d'artillerie russes notamment à Bakhmout et Kramatorsk, près de la ligne de front.

Attaque de la prison d'Olenivka

Vendredi, le bombardement d'un baraquement abritant des soldats ukrainiens prisonniers à Olenivka, en territoire occupé par les Russes dans la région de Donetsk, avait fait une cinquantaine de morts. Un "crime de guerre russe délibéré", selon M. Zelensky.

Le chargé des droits humains ukrainien Dmytro Loubinetsk a annoncé samedi avoir demandé à la Croix-Rouge et à la Mission de surveillance des droits de l'homme des Nations unies, qui avaient supervisé en mai la reddition négociée avec les Russes des défenseurs de l'usine d'Azovstal à Marioupol (sud-est), de se rendre à Olenivka.

Après de longues semaines de siège et de résistance sur le site sidérurgique, environ 2 500 combattants ukrainiens s'étaient rendus et Moscou avait fait savoir qu'ils seraient incarcérés à Olenivka.

"Quand les défenseurs d'Azovstal avaient quitté l'usine, l'ONU et le CICR avaient agi en garants de la vie et de la santé de nos soldats", a déclaré vendredi soir M. Zelensky, en appelant l'ONU et la Croix-Rouge à "réagir".

Dans une vidéo publiée samedi, le commandant par intérim du régiment Azov a déclaré que ses forces considéraient l'attaque d'Olenivka comme _"un acte d'exécution publique commis par la Russie en toute impunité". _

La plupart des prisonniers morts à Olenivka étaient des combattants du régiment Azov qui s’était illustré dans la défense de Marioupol.

Tweet incendiaire

La tension autour du sort des milliers de prisonniers de guerre ukrainiens aux mains des Russes ou des séparatistes du Donbass a été encore ravivée par un tweet vendredi soir de l'ambassade russe au Royaume-Uni, visant spécifiquement le régiment nationaliste ukrainien Azov, qui a combattu à Marioupol.

"Les combattants d'Azov méritent d'être exécutés, mais pas par un peloton d'exécution, par pendaison. Ce ne sont pas de vrais soldats. Ils méritent une mort humiliante", pouvait-on lire dans ce tweet en anglais.

Le Comité d'enquête russe avait annoncé vendredi le bombardement d'Olenivka, affirmant que les forces ukrainiennes avaient elles-mêmes "tiré sur la prison où sont détenus les membres du bataillon Azov, utilisant des projectiles américains du système Himars", lance-roquettes multiples de grande précision livrés par les Etats-Unis.

L'état-major ukrainien a balayé ces accusations, affirmant qu'il s'agissait pour les forces russes ou séparatistes de "camoufler les tortures de prisonniers et les exécutions" qui avaient été "perpétrées".

Selon le renseignement ukrainien, l'attaque "a été réalisée par des mercenaires de la division Wagner", compagnie russe de mercenaires dont les hommes ont été accusés de crimes en Syrie et en Afrique notamment.

Quant au chargé des droits humains ukrainien Dmytro Loubinetsk, il a affirmé que selon l'analyse de la vidéo russe, seul élément disponible à ce stade, "l'explosion s'est produite à l'intérieur" du baraquement et non après un bombardement.