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Sécheresse en Bordelais : des vendanges précoces, mais un millésime 2022 prometteur

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Par Euronews  avec AFP
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Les saisonniers
Les saisonniers   -   Tous droits réservés  MEHDI FEDOUACH/AFP or licensors

Sur la table de tri du Château Carbonnieux, grand cru classé de Graves, les grappes de sauvignon blanc aux reflets dorés défilent sous le regard acéré d'un saisonnier : dans le Bordelais, les fruits gorgés de soleil annoncent un millésime 2022 prometteur.

Au lever du soleil, les vendangeurs s'affairent, profitant des températures encore fraîches. Installé en AOC Pessac-Léognan, aux portes de Bordeaux, le domaine viticole du Château Carbonnieux est l'un des premiers de la région à avoir sorti les sécateurs. Avec 15 jours d'avance pour le vin blanc, la vendange est inhabituellement précoce, en raison de la canicule.

Eric Perrin, co-propriétaire du domaine, est malgré tout rassuré par la qualité de sa récolte : "A aucun moment, au travers des quatre périodes de canicule que l'on a connues cet été, on n'a vu la vigne souffrir. Elle est restée verte, avec un vert dense, pendant les mois de juillet et août".

Mais avec la sécheresse, les baies sont 40% plus petites que d'ordinaire. Cette année, la production sera donc moins abondante, selon Andrea Perrin, maître de chai au domaine : "il y aura un petit manque à gagner, moins de volume, donc moins de bouteilles, mais par rapport aux conditions météo que nous subissons, c'est un millésime assez inespéré pour l'instant". Mais le raisin, lui, est prometteur : gorgé de sucre, avec 14,5 degrés d'alcool potentiel.

Réchauffement climatique : un nouveau Bordeaux ?

Si Château Carbonnieux a échappé aux vicissitudes de la météo contrairement à certains vignobles du Médoc ou du Pays Foyen touchés par des épisodes violents de grêle, le Bordelais dans sa globalité peut espérer beaucoup de son cru de 2022.

"Ce sera un millésime très particulier, qui va donner des vins aux arômes que l'on n'a pas l'habitude de voir", s'enthousiasme Olivier Dauga, consultant en vins, contacté par l'AFP. "Celui qui peut récolter des fruits sains, pas trop marqués par tous les incidents climatiques, y compris les fumées des incendies (survenus en Gironde en juillet et août), la qualité des raisins est là, avec des PH élevés et des vins qui seront généreux, plus amples en bouche, sans dureté".

Chez les blancs, moins de notes d'agrumes et plus de fruits blancs, d'abricots un peu mûrs et des notes de miel. Chez les rouges, place aux fruits confits, à la cerise noire et aux épices. "Le problème, ce sera l'équilibre des vins", estime ce spécialiste.

Dans ces vins aux maturités différentes, peut se voir aussi une "projection du Bordeaux" avec des conditions météorologiques appelées à se répéter avec le changement climatique.