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Kérosène russe : Total cède un champ gazier à Novatek

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Par Euronews  avec AFP
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TotalEnergies est critiqué pour être le dernier géant occidental de l'énergie à avoir gardé des intérêts importants en Russie.
TotalEnergies est critiqué pour être le dernier géant occidental de l'énergie à avoir gardé des intérêts importants en Russie.   -   Tous droits réservés  Michel Euler/AP

Après deux jours de polémique, le géant français de l'énergie TotalEnergies a annoncé vendredi céder ses parts dans une entreprise accusée de fabriquer du carburant utilisé par des avions russes engagés dans la guerre en Ukraine.

Le champ gazier de Termokarstovoïe, exploité par la société Terneftegaz (codétenue à 49% par le groupe français et à 51% par le russe Novatek), est accusé par le journal Le Monde et l'ONG Global Witness d'avoir fourni du condensat de gaz à une raffinerie russe, qui en a fait du kérosène.

Ce dérivé de pétrole aurait ensuite été expédié pour alimenter des avions russes engagés dans le conflit en Ukraine.

Sous pression depuis la parution de l'enquête, TotalEnergies a démenti la destination de ces combustibles, affirmant aussi que les démarches pour céder cette coentreprise avaient commencé il y a plusieurs semaines. "Non, TotalEnergies ne produit pas de kérosène pour l'armée russe", a assuré le groupe français vendredi matin.

TotalEnergies s'est accordé le 18 juillet avec Novatek (qu'il détient par ailleurs à 19,4%, NDLR) pour lui céder sa participation de 49% dans Terneftegaz, indique le communiqué, qui ne donne pas de chiffres.

"Ecran de fumée"

Vendredi matin, le groupe a publié des éléments venus de Novatek assurant que ce combustible n'est en aucun cas destiné à l'armée russe.

"Tous les condensats instables produits par nos filiales et sociétés liées à Novatek sont traités dans notre usine de stabilisation de condensats de Purovsky", avant d'être "livrés au complexe industriel de Ust-Luga dans la région de Leningrad, qui fabrique des produits dont du kérosène exclusivement exporté hors de Russie", assurait Novatek dans ce communiqué publié par TotalEnergies.

Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, le groupe français coté en Bourse est critiqué car il est la dernière majeure pétrolière occidentale à ne pas avoir quitté la Russie.

L'entreprise s'était justifiée en mars en déclarant que, faute de trouver un acheteur non russe, abandonner ses activités russes "contribuerait donc à enrichir des investisseurs russes en contradiction avec l'objet même des sanctions".

Greenpeace France a de son côté qualifié cette cession "d'écran de fumée aux relations commerciales encore actives de TotalEnergies en Russie", appelant le pétrolier à "céder ses participations dans Novatek qui ravitaille l'armée russe".