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Siciliens de Tunisie : un "modèle de coexistence entre réfugiés, confessions et ethnies"

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Par Euronews  avec AFP
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La procession de la Madone de Trapani, à La Goulette
La procession de la Madone de Trapani, à La Goulette   -   Tous droits réservés  AFP

Autrefois, la Tunisie était un modèle de coexistence entre migrants d'horizons divers. Exemple à La Goulette.

La procession de la Madone de Trapani, au rythme des youyous de femmes musulmanes. Cette fête catholique de l'Assomption à La Goulette en Tunisie, est l'écho de l'histoire oubliée des Siciliens du pays. Un modèle de coexistence entre les réfugiés, les confessions et les ethnies, comme l'estime l'archevêque de Tunis, Ilario Antoniazzi : "Je dis toujours que c'est un bon pays, qu'il est un exemple pour beaucoup de pays arabes. Par exemple, une procession comme celle-ci serait impossible dans d'autres pays de l'Afrique du Nord".

Terre d'accueil

130 000 Italiens dont 90% de Siciliens ont immigré par vagues au cours des XIXe et XXe siècles, la plupart ayant fui la péninsule pour échapper à la misère et à la mafia. L'une des figures les plus connues de cette communauté est l'actrice Claudia Cardinale, née justement à La Goulette.

Alfonso Campisi est professeur de civilisation italienne. Il fait partie de ces descendants de siciliens, et a souhaité raconté leur histoire dans son documentaire "Siciliens d'Afrique". A contre-courant du discours anti migrants en Europe, il a cherché à montrer comment la Tunisie était une terre d'accueil autrefois : "Vu les problèmes d'immigration dont on parle toujours dans les médias, j'ai aussi voulu démontrer que la Tunisie a été un pays qui a accueilli toute cette masse de pauvres gens, pas seulement de Sicile, mais aussi de Grèce, de Corse, d’Espagne, de Russie aussi."

La plupart des italiens ont quitté la Tunisie après l'indépendance du pays en 1956 lorsque les Tunisiens ont eu la priorité pour les emplois publics. Mais encore aujourd'hui, leur présence imprègne la langue, l'architecture et la cuisine locale.