"Personne ne dicte quoi faire" à Cuba, a assuré son président Miguel Diaz-Canel dimanche. Plus tôt, Donald Trump avait menacé l'île de conséquences non précisées en cas de refus de "conclure un accord".
Donald Trump a exigé dimanche de Cuba la conclusion d'un accord pétrolier avec les États-Unis, avertissant que la nation caribéenne ne recevrait plus de pétrole ni d'argent du Venezuela, fournisseur et partenaire proche de La Havane depuis des décennies.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, le président américain a accusé l'île de fournir au Venezuela des "services de sécurité" en échange de pétrole et d'argent.
Ces menaces interviennent une semaine après l'intervention militaire américaine qui a conduit à l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et à son transfert à New York. Cette opération nocturne à Caracas a coûté la vie à des dizaines de membres des forces de sécurité vénézuéliennes et cubaines.
"Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, de grandes quantités de pétrole et d'argent en provenance du Venezuela. En retour, Cuba a fourni des "services de sécurité" aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, MAIS PLUS JAMAIS !", a écrit Donald Trump.
"IL N'Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D'ARGENT POUR CUBA - ZÉRO ! Je leur suggère fortement de conclure un accord, AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD", a-t-il poursuivi.
La Havane "prête à défendre la Patrie"
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel a rétorqué sur X, dimanche, que "personne ne dicte quoi faire" à son pays. Cuba est « une nation libre, indépendante [...] agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu’à la dernière goutte de sang ».
"Cuba n'a jamais reçu de compensation monétaire ou matérielle pour les services de sécurité qu'elle a fournis à quelque pays que ce soit", a écrit le ministre des Affaires étrangères du pays, Bruno Rodriguez dans un message publié sur X.
"Contrairement aux États-Unis, nous n'avons pas de gouvernement qui se prête au mercenariat, au chantage ou à la coercition militaire contre d'autres États." Le haut diplomate cubain a également affirmé que son pays ne sera pas contraint de nouer des liens commerciaux sous la pression ou la menace.
Cette déclaration intervient alors que Donald Trump a récemment annoncé qu'il était "ouvert" à l'idée d'étendre son opération au Venezuela à Cuba, à la Colombie ou même à son voisin direct, le Mexique.
"Comme tout pays, Cuba a le droit absolu d'importer du carburant des marchés désireux de l'exporter et qui exercent leur propre droit à développer leurs relations commerciales sans interférence ni subordination aux mesures coercitives unilatérales des États-Unis", a-t-il poursuivi.
Bruno Rodriguez a ajouté que le droit international était du côté de Cuba et a critiqué les États-Unis pour leur comportement qu'il a qualifié de "criminel" et d'"hégémonique".
Ces derniers jours, Donald Trump a multiplié les menaces d'une éventuelle intervention militaire à Cuba. Dimanche, le président américain a posté une capture d'écran d'un message d'un utilisateur X sur lequel on pouvait lire "Marco Rubio sera président de Cuba", ce à quoi Donald Trump a répondu "Ça me paraît bien !"