Migration : l'Autriche rétablit des contrôles à sa frontière avec la Slovaquie

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Par Euronews  avec AFP
À la frontière entre l'Autriche et la Slovaquie, le 28septembre 2022
À la frontière entre l'Autriche et la Slovaquie, le 28septembre 2022   -   Tous droits réservés  Jakub Kotian/Tlacova agentura SR

L'Autriche va rétablir des contrôles à sa frontière avec la Slovaquie, emboîtant le pas à la République tchèque à la suite d'une augmentation des passages de clandestins, a annoncé le gouvernement mercredi.

"Nous avons déjà pris des mesures importantes aux frontières avec la Hongrie et la Slovénie. Désormais la police va également contrôler la frontière avec la Slovaquie à partir de minuit aujourd'hui", a indiqué le ministre de l'Intérieur Gerhard Karner devant la presse à Vienne.

Onze points de passage vont être mis en place.

"Nous devons être plus rapides que la mafia des passeurs. C'est une mesure nécessaire pour au moins dix jours", a ajouté le responsable conservateur, affirmant que le système d'asile autrichien était arrivé "à ses limites".

L'Autriche, qui compte 9 millions d'habitants, a enregistré de janvier à août 56 000 demandes d'asile, soit plus que l'ensemble de l'année 2021 mais encore loin du chiffre atteint pendant la crise migratoire de 2015 (près de 90 000).

Le ministre note une forte et soudaine augmentation du nombre de ressortissants indiens, rarement éligibles à l'asile, outre l'arrivée de demandeurs afghans et syriens.

Cette hausse s'explique également par le renforcement des contrôles, car le règlement dit de Dublin confie au pays par lequel un demandeur d'asile est entré dans l'UE l'examen de sa demande, même s'il ne veut pas y rester.

Mardi, la République tchèque avait annoncé la reprise d'inspections pendant au moins dix jours à sa frontière avec la Slovaquie, pour le même motif.

Bratislava avait réagi en estimant que la question devait être discutée au niveau européen.

Ces trois pays d'Europe centrale font partie de la zone Schengen de libre circulation des personnes.

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait critiqué fin avril les contrôles introduits depuis 2015 par certains Etats membres comme l'Autriche et la France, rappelant qu'ils ne devaient pas dépasser une durée de six mois.

Ces contrôles sont justifiés, selon ces Etats, par une volonté accrue de lutter contre le trafic d'être humains, la menace terroriste ou la pandémie de coronavirus.

Avec AFP