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Qatar 2022 : pas d'écrans géants dans de nombreuses grandes villes françaises

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Par euronews  avec AFP
archives : foule devant les écrans géants installés au Trocadéro, à Paris, lors de la finale de la coupe du Monde 2018, le 15 juillet 2018
archives : foule devant les écrans géants installés au Trocadéro, à Paris, lors de la finale de la coupe du Monde 2018, le 15 juillet 2018   -   Tous droits réservés  JACQUES DEMARTHON / AFP   -  

Pas d'écrans, ni de "fan zone". Paris est la dernière grande ville à prendre part à un mouvement de boycott qui commence à prendre de l'ampleur en France. La capitale du pays fera donc, elle aussi, l'impasse sur la Coupe du monde de football au Qatar, qui se tiendra du 20 novembre au 18 décembre, en refusant d'installer des écrans géants et des "fan zones" dans ses rues, invoquant pour des raisons humanitaires et environnementales.

"Pour nous il n'a pas été question d'installer des zones de diffusion des matches pour plusieurs raisons: la première c’est les conditions de l’organisation de cette Coupe du monde, tant sur l’aspect environnemental que social, la seconde, c’est la temporalité, le fait que ça ait lieu au mois de décembre", a annoncé ce lundi l'adjoint chargé du Sport, Pierre Rabadan, pour qui "ce modèle de grands événements va à l'encontre de ce que [Paris] souhaite organiser".

Plusieurs maires de grandes villes, toutes couleurs politiques confondues, n'ont pas mâché leurs mots lundi depuis l'annonce faite samedi par la maire socialiste de Lille Martine Aubry, qui avait qualifié l’événement de "non-sens au regard des droits humains, de l'environnement et du sport".

A Marseille, le maire socialiste Benoît Payan, à la tête d'une large coalition de gauche et écologiste, a jugé que cette compétition s'était "progressivement transformée en catastrophe humaine et environnementale, incompatible avec les valeurs que nous voulons voir portées au travers du sport et notamment du football".

"Marseille, fortement attachée aux valeurs de partage et de solidarité du sport, et engagée pour construire une ville plus verte, ne peut contribuer à la promotion de cette Coupe du monde de football 2022 au Qatar", a insisté la ville dans un communiqué.

Parmi les raisons de ce boycott figurent notamment le traitement des travailleurs immigrés et le nombre de décès lors de la construction des huit stades du Mondial.

Si le bilan officiel n'est que de trois morts, l'Organisation internationale du travail (OIT) a fait état dans un rapport de 50 travailleurs décédés dans des accidents du travail au Qatar en 2020 et de 500 blessés graves, un chiffre qui pourrait être plus élevé selon elle en raison de lacunes dans le système de recensement des accidents. Une enquête du quotidien britannique "The Gaurdian" avance ainsi le chiffre de 6 500 ouvriers étrangers morts sur les chantiers des stades du pays.  

"Aberration énergétique"

"J'aurais vraiment l'impression, si Bordeaux accueillait ces fan zones, d'être complice" de "cette manifestation sportive qui représente toutes les aberrations humanitaires, écologiques et sportives", avait déclaré de son côté lundi matin le maire écologiste de Bordeaux Pierre Hurmic.

Outre la question des droits humains, Pierre Hurmic s'est également refusé à être "incohérent" par rapport aux efforts demandés à la population en matière "de sobriété énergétique".

"Vous ne pouvez pas appeler vos concitoyens à la sobriété et vous-même vous montrer complice d'aberration énergétique de cette nature", a-t-il déclaré.

Le maire écologiste, élu en 2020, a précisé que sa décision aurait été la même si le Mondial s'était joué en été. Et "aucun écran ne sera mis en place si la France arrive en finale", a-t-il dit.

A un mois et demi du début de la compétition, M. Hurmic est persuadé "que d'autres maires prendront des décisions identiques dans les jours à venir". Il a par ailleurs indiqué qu'il ne regarderait pas la compétition.

La ville de Nancy a, ainsi, également pointé le "décalage" de "l'usage de stades climatisés durant cette Coupe du monde (...) avec les enjeux de transition écologique" et appelé "les organisateurs (...) à "sérieusement revoir les règles d'attribution des prochaines Coupes du monde" afin "d'intégrer ces enjeux" de "sobriété" et de "respect du droit humain".

Pour le maire de Reims Arnaud Robinet (Horizons), "à l’heure où les pouvoirs publics demandent (...) de réduire (la) consommation d’énergies, de telles installations susciteraient une incompréhension légitime (...) pour l'un des événements les plus controversés de l'histoire du sport". Rodez et Strasbourg ont également pris des décisions similaires.