Guerre en Ukraine : la situation au 20 octobre, cartes à l'appui

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Par Oleksandra Vakulina
Notre journaliste, Sasha Vakulina.
Notre journaliste, Sasha Vakulina.   -   Tous droits réservés  Euronews

Selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), les autorités russes seraient en train de préparer le terrain médiatique pour justifier une retraite et des pertes territoriales importantes dans la région de Kherson.

Le ministère britannique de la Défense ajoute que le fait que la Russie ait récemment admis une "situation difficile" dans la région de Kherson est 'très inhabituel et indique probablement que les autorités envisagent un retrait majeur de leurs forces de la zone située à l'ouest du fleuve Dnipro."

Vladimir Saldo, le chef - nommé pas Moscou - de cette ville clé du sud a évoqué un plan visant à faire passer jusqu'à 60 000 personnes de l'autre côté du fleuve Dnipro et à les faire entrer en Russie au cours des six prochains jours - à raison de 10 000 personnes par jour.

Pour l'Institut pour l'étude de la guerre, cette apparence d'"évacuations" de civils cache en fait "un déplacement forcé et massif des habitants des zones occupées par la Russie en Ukraine".

Le groupe de réflexion affirme aussi que les forces russes pourraient préparer le terrain pour mener contre la centrale hydroélectrique de Kakhovka une "attaque sous fausse bannière", c'est à dire, en se faisant passer pour des Ukrainiens. L'objectif serait d'atténuer les conséquences médiatiques et opérationnelles d'un échec militaire, face à l'avancée des forces ukrainiennes

Les autorités russes auraient l'intention d'utiliser cette prétendue attaque ukrainienne contre la centrale hydroélectrique pour permettre à leurs propres soldats d'endommager le barrage et d'accuser ensuite l'Ukraine pour les dommages et les pertes en vies humaines qui en résultent. Les inondations provoquée par cette attaque serviraient aussi à justifier la retraite des soldats russes plus au sud, dans la région de Kherson.

Le ministère britannique de la Défense indique, lui, qu'en raison des nombreux ponts gravement endommagés, la Russie s'appuierait très probablement sur un pont provisoire achevé ces derniers jours, et sur des unités militaires de pontonniers, qui continuent de fonctionner à plusieurs endroits.

L'un des principaux défis de l'opération de retrait russe consisterait à faire traverser la rivière Dnipro, de 1000 m de large, aux troupes et à leur matériel. Pour cela, la Russie pourrait s'appuyer sur ses ferrys, comme le montre la photo ci-dessus, prise au dessus du barrage de Nova Kakhovka.