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Migrants : des ONG dénoncent un accord controversé entre l'Italie et la Libye

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Par euronews  avec AFP
Un homme les yeux bandés durant une manifestation à Rome contre un accord entre l'Italie et la Libye
Un homme les yeux bandés durant une manifestation à Rome contre un accord entre l'Italie et la Libye   -   Tous droits réservés  TIZIANA FABI/AFP or licensors   -  

Pas question pour l'Italie de renouveler l'accord avec la Libye qui vise à empêcher les migrants et les réfugiés d'atteindre les côtes européennes. C'est l'appel de ces centaines de manifestants dans les rues de Rome mercredi. Pour  des ONG des Droits de l'homme à l'origine de cette mobilisation, l'Italie ne peut passer d'accord avec un pays où les migrants sont torturés, victimes d'esclavage ou de sévices sexuels. Elles appellent le gouvernent de Georgia Meloni à une action urgente.

En vertu de l'accord de 2017 signé avec le soutien de l'Union européenne, l'Italie contribue au financement, à la formation et à l'équipement des gardes-côtes libyens, qui interceptent ensuite les migrants en Méditerranée et les renvoient de force vers la Libye.

"L'Europe, défenseur des droits humains, ne doit en aucun cas conclure un accord avec un pays [...] dans lequel les migrants sont torturés, victimes d'esclavage ou de sévices sexuels", a déclaré Claudia Lodesani, responsable de Médecins sans frontières (MSF) en Italie, lors d'une conférence de presse à Rome.

Les militants affirment que près de 100.000 personnes ont été interceptées de cette manière en cinq ans. Beaucoup se seraient retrouvées dans des centres de détention libyens, comparés par le pape François à des camps de concentration.

Les critiques déplorent un manque de responsabilité, sans transparence sur les bénéficiaires des fonds européens, tandis que les ONG dénoncent une situation de "Far West" avec des milices armées se faisant passer pour les gardes-côtes libyens.

L'appel lancé par 40 organisations, dont MSF, appelle à une action urgente du nouveau gouvernement italien d'extrême-droite, qui a prêté serment ce week-end.

Si Rome ne met pas fin à l'accord d'ici au 2 novembre, il sera automatiquement renouvelé pour trois ans.

Dans son discours d'investiture devant le Parlement, la nouvelle Première ministre Giorgia Meloni s'est engagée mardi à adopter une ligne dure sur les migrants en bateau.

L'Italie est depuis longtemps sur la ligne de front des migrations, accueillant chaque année des dizaines de milliers de personnes qui tentent la traversée la plus meurtrière au monde.

Elle a conclu de nombreux accords dans les années 2000 avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi sur la réduction des flux migratoires.

Le partenariat a été suspendu à la suite de la chute du gouvernement libyen et de la condamnation de l'Italie par la Cour européenne des droits de l'Homme en 2012 pour avoir intercepté et renvoyé de force des personnes en Libye.

Mais les guerres en Syrie, en Irak et en Libye ont déclenché une vague de réfugiés en 2015, avec plus de 150.000 personnes traversant la mer en bateau vers l'Italie, suivie par plus de 180.000 personnes en 2016.

Des milliers d'autres sont morts en tentant de franchir la Méditerranée.