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Traversées illégales de la Manche : élus et associations critiquent l'accord franco-britannique

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
De migrants à Douvres, Royaume-Uni, le 17 juin 2022
De migrants à Douvres, Royaume-Uni, le 17 juin 2022   -   Tous droits réservés  Matt Dunham/Copyright 2022 The AP. All rights reserved   -  

La France et le Royaume-Uni parviendront-ils à faire cesser les traversées illégales de la Manche par les migrants ? La question se pose après la signature ce lundi par les deux pays d'un accord prévoyant une augmentation du nombre de policiers sur les plages françaises. Londres va débourser 72 millions d'euros pour soutenir l'effort de Paris.

Mais sur place, les associations estiment que les passeurs trouveront des solutions, toujours plus dangereuses pour organiser les traversées illégales.

"On augmente de 40% les effectifs des forces de police, mais qu’est ce qui va se passer ?" s'interroge Pierre Roques, coordinateur de l'association l'Auberge des migrants à Calais et ses environs. "Tout ça, ça renforce les réseaux de passage, ça rend les réseaux de passage indispensables, et ça on l’observe depuis des années de manière empirique : plus vous mettez de policiers sur les plages, plus vous favorisez les réseaux de passage. C’est un serpent qui se mord la queue" dénonce-t-il.

Environ 900 policiers et gendarmes supplémentaires devraient être mobilisés, ce qui est trop peu selon la municipalité de Calais, qui précise que le littoral français entre la frontière belge et la Baie de Somme est de 150 kilomètres.

"Il faudrait quelques milliers de fonctionnaires de police ou gendarmerie pour H24 pouvoir contrôler 7 jours sur 7, 24h sur 24, toute l’année, ces zones-là" critique Philippe Mignonet, adjoint à la mairie de Calais, en charge de la sécurité.

L'élu plaide pour une implication de services de renseignement d'autres États, soulignant que les bateaux pneumatiques utilisés par les migrants viendraient d'Allemagne.

_'_Il faut peut-être aussi que les services de renseignement allemands soient impliqués, belges, hollandais, en fait l’Europe toute entière, même si le Royaume-Uni n’est plus dans l’Union Européenne, il faut qu’il y ait une coopération avec le Royaume-Uni et puis peut-être qu’un jour, et ça c’est un rêve et peut-être pas que pour moi, d’avoir une politique commune d’immigration en Europe" dit-il.

"Donc, nous attendons de savoir comment tout cela va se mettre en place d’un point de vue opérationnel, chose que nous ignorons pour l’instant" affirme Philippe Mignonet.

D'après l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 200 personnes sont mortées ou ont été portées disparues en mer ou sur terre depuis 2014, en tantant de rejoindre l'Angleterre.