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Serbie-Kosovo : échec des discussions à Bruxelles sur le problème des plaques d’immatriculation

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Par euronews  avec AFP
Une plaque d'immatriculation serbe au Kosovo, source de tensions
Une plaque d'immatriculation serbe au Kosovo, source de tensions   -   Tous droits réservés  Visar Kryeziu/ AP

Après plusieurs heures de négociations, aucun accord n'a été trouvé entre le Kosovo et la Serbie, sur un sujet sensible : les plaques d'immatriculation.

Le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti ne sont pas parvenus à s'entendre lundi à Bruxelles pour régler la querelle sur les plaques d'immatriculation qui envenime les relations entre les deux pays, un échec imputé par l'UE à Pristina.

Cette rencontre intervenait dans un contexte de tensions grandissantes entre la Serbie et son ex-province à population majoritairement albanaise, au grand dam de l'UE, médiatrice depuis 2011 des négociations pour normaliser leurs liens.

"Après de nombreuses heures de discussion, les deux parties ne sont pas parvenues à une solution. Par souci de transparence, il faut dire que nous avons fait une proposition (...) que le président Vucic a acceptée, contrairement, malheureusement, Premier ministre Kurti", a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE.

Les plaques de la discorde

Pristina veut que quelque 10 000 Serbes du Kosovo dont les véhicules sont munis de plaques émises par la Serbie les remplacent par des plaques de la république du Kosovo, se disant prêt à imposer des amendes aux véhicules en infraction dès ce mardi.

A Bruxelles, "la partie serbe était absolument constructive" tandis qu'en face, on "n'a pas voulu accepter quoi que ce soit", ajoutant des revendications "clairement impossibles", a fustigé Aleksandar Vucic sur la chaîne serbe Pink.

"Il est aujourd'hui clair qui a voulu sauvegarder la paix et la stabilité, et qui ne l'a pas voulu", a-t-il ajouté.

Faute d'accord, M. Borrell a appelé "solennellement" les deux parties à la désescalade: "J'attends désormais du Kosovo qu'il suspende immédiatement les procédures liées aux plaques d'immatriculation dans le nord (du pays), et j'appelle la Serbie à arrêter de délivrer des plaques à dénomination de villes situées au Kosovo."

"Cela offrira une marge de manœuvre et du temps pour trouver une solution durable au problème des plaques d'immatriculation, dans le contexte de la normalisation des relations bilatérales, qui reste notre objectif essentiel", a martelé le responsable européen.

M. Vucic a affirmé avoir accepté cette demande.

Le Kosovo n'accepte pas la proposition de l'UE

"L'accord final sur la normalisation complète des relations, centré sur la reconnaissance réciproque, implique diverses autres questions comme les plaques d'immatriculation. Nous ne pouvons pas résoudre l'une sans l'autre", a objecté Albin Kurti devant la presse.

"Nous ne pouvons être irresponsables, nous réunir en tant que chefs d'Etat pour discuter uniquement des plaques d'immatriculation et non de la normalisation des relations", a-t-il fait valoir.

Le porte-parole de Josep Borrell, Peter Stano, a précisé que l'UE "continu(ait) à soutenir pleinement la proposition" sur la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, mais que la priorité immédiate était de prendre des mesures pour "éviter une escalade".

Dernier développement en date: des Serbes du nord du Kosovo ont démissionné d'institutions publiques en guise de protestation, en particulier des forces de police, générant "un vide sécuritaire dangereux", s'est alarmé Josep Borrell.

L'indépendance non reconnue par Belgrade

La minorité serbe vivant à Mitrovica au nord du Kosovo ne semble pas être si inquiète de l'absence d'accord.

"Non, non, il n'y a pas de peur. Nous vivons ici depuis notre naissance, nous sommes habitués à cette situation. Oui, il y a des tensions, il y en a, mais il n'y a pas de peur. Les personnes plus âgées peuvent être effrayées", explique un jeune serbe vivant au Kosovo. 

Belgrade n'a jamais reconnu l'indépendance proclamée par son ex-province en 2008. Les 120.000 Serbes du Kosovo, dont un tiers vivent dans le nord du territoire, ne reconnaissent pas l'autorité de Pristina.