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La Hongrie rejette l'idée de voir "des ghettos de migrants" sur son sol

Sommet européen, Bruxelles, 30 juin 2023
Sommet européen, Bruxelles, 30 juin 2023 Tous droits réservés Geert Vanden Wijngaert/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par euronews avec AFP
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban affirme que l'UE veut obliger son pays à accueillir 10 000 migrants par an et à faire "des ghettos de migrants". Ce qui n'est pas le cas.

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La Pologne et la Hongrie refusent le pacte migratoire européen. Ils rejettent l'idée même d'un système de solidarité obligatoire, mais "flexible", entre pays de l'UE dans la prise en charge des demandeurs d'asile.

Dans une interview accordée à la radio publique hongroise, le Premier ministre Viktor Orbán affirme que l'Union européenne veut obliger la Hongrie à accueillir plus de 10 000 migrants par an et à les installer dans des ghettos

Hier, la Pologne avait instrumentalisé les émeutes qui secouent la France pour contrer le projet européen.

Faute d'accord des Vingt-Sept après deux jours de sommet, la déclaration finale sur la migration a été rédigée au nom de Charles Michel seulement, et mentionne les griefs des deux dirigeants.

Les arguments des dirigeants italiens et allemands, de longues heures de négociations n'auront donc pas fait plier Varsovie et Budapest. Mais la réforme sur le pacte migratoire reste sur les rails.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, près de 88 000 migrants sans papiers sont arrivés en Europe depuis le début de l'année, dont près de 80 000 par la mer. 

La Pologne et la Hongrie s'opposent à un accord conclu à la majorité qualifiée le 8 juin entre les ministres de l'Intérieur de l'UE, une percée sur un dossier bloqué depuis des années.

L'accord trouvé le 8 juin à Luxembourg, encore préliminaire car il doit désormais être négocié avec le Parlement européen, prévoit que les Etats membres seraient tenus d'accueillir un certain nombre de demandeurs arrivés dans un pays de l'UE soumis à une pression migratoire, ou à défaut d'apporter une contribution financière, équivalente à 20 000 euros pour chaque réfugié non relocalisé.

Il s'agit de solidarité européenne.

Mais c'est "inacceptable", pour Viktor Orban : "nous étions convenus auparavant à plusieurs reprises que, comme la question de la migration nous divise profondément, nous ne pouvions accepter de règle que si nous sommes tous d'accord, c'est-à-dire s'il y a une décision unanime", a-t-il expliqué vendredi, affirmant mener "un combat pour la liberté".

Même son de cloche du côté du Polonais Mateusz Morawiecki, qui a expliqué avoir refusé d'endosser les conclusions finales sur la migration face au refus des autres pays d'y inscrire le caractère non obligatoire des relocalisations.

Giorgia Meloni "satisfaite"

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, dont le pays est en première ligne avec la Grèce, s'est toutefois dite "très satisfaite" à l'issue du sommet.

"La Hongrie et la Pologne ne sont pas d'accord avec le pacte migratoire. Nous n'arriverons jamais au consensus sur la dimension interne", c'est-à-dire la solidarité entre Etats membres dans l'accueil des demandeurs d'asile, a-t-elle indiqué.

"La seule chose sur laquelle nous pouvons avoir un consensus est un travail commun sur la dimension extérieure", c'est-à-dire la coopération avec les pays d'origine et de transit des migrants, a-t-elle ajouté.

"Et je pense que nous faisons de gros progrès" sur ce point, a-t-elle dit, évoquant des négociations entre l'UE et la Tunisie.

La question de la répartition des demandeurs d'asile arrivés dans l'UE reste un sujet de crispations pour la Pologne et la Hongrie, qui avaient déjà refusé les quotas de réfugiés décidés après la crise de 2015-2016.

L'accord trouvé le 8 juin à Luxembourg oblige aussi les pays membres à créer des centres aux frontières extérieures de l'UE (frontières terrestres ou aéroports notamment) pour les migrants ayant peu de chances statistiquement d'obtenir l'asile, afin de faciliter leur renvoi vers leur pays d'origine.

La Pologne et la Hongrie avaient voté contre la proposition, tandis que quatre pays s'étaient abstenus. La présidence suédoise du Conseil de l'UE avait décidé d'opter pour un vote à la majorité qualifiée (requérant un vote favorable de 15 pays sur 27, représentant au moins 65% de la population totale de l'UE), comme prévu par les traités en matière de migration.

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Le texte avait été adopté après des concessions faites notamment à l'Italie, et aucun autre pays n'a exprimé l'intention de revenir dessus.

Varsovie, comme Budapest, s'appuie sur de précédentes conclusions de sommets européens, en 2016, 2018 et 2019, pour réclamer que les décisions sur un dossier sensible comme la migration soient prises à l'unanimité.

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