La Hongrie et la Pologne cherchent des alliés pour défendre le droit de veto dans l’UE

Les décisions en matière de politique étrangère sont prises à l'unanimité par l'UE
Les décisions en matière de politique étrangère sont prises à l'unanimité par l'UE Tous droits réservés European Union, 2023.
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Par Jorge Liboreiro
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La règle de l'unanimité peut permettre à un seul État membre de faire dérailler ou de bloquer une décision collective.

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La Hongrie et la Pologne font pression pour maintenir la règle de l'unanimité en matière de politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne. Ce mouvement est une réponse à une coalition récemment formée pour défendre le principe de la majorité qualifiée et mettre fin au droit de veto.

Cette décision a été annoncée lundi après-midi par le ministre hongrois des Affaires étrangères. Péter Szijjártó a expliqué que des discussions préliminaires étaient en cours pour s'opposer au nouveau "groupe d'amis" de la majorité qualifiée qui comprend, entre autres, l'Allemagne et la France, les deux poids lourds de l'UE.

"Bien sûr, de l'autre côté, une équipe est également en train de s'organiser, si je puis dire. Nous avons eu des négociations au niveau des ambassadeurs ici à Bruxelles", a précisé Péter Szijjártó aux journalistes.

"Les États membres qui veulent conserver l'unanimité et la possibilité de défendre leurs intérêts nationaux dans le processus décisionnel de Bruxelles veulent une coopération étroite".

Péter Szijjártó n'a pas cité les pays qui ont participé aux discussions.

Plus tard dans la journée de lundi, son homologue polonais, Zbigniew Rau, a exprimé publiquement son soutien.

"La Pologne ne soutiendra jamais l'idée de passer de l'unanimité au vote à la majorité qualifiée en matière de politique étrangère et de sécurité commune", a annoncé sur Twitter Zbigniew Rau.

Une source diplomatique explique à Euronews que le groupe favorable au maintien de l’unanimité pourrait englober neuf Etats membres, bien qu'aucune liste officielle n'ait encore été publiée.

On ne sait pas encore si les discussions aboutiront à une association formelle ou à un arrangement fluctuant.

Cette initiative vise à faire contrepoids au "groupe d'amis" formé au début du mois par l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Slovénie.

Ces capitales souhaitent remodeler la politique étrangère de l'UE de manière "pragmatique" en s'éloignant progressivement de l'unanimité. Cette règle ne s'applique qu'à certains domaines de la politique européenne tels que l'élargissement, la fiscalité et le budget de l'Union.

La nécessité d'obtenir 27 votes conformes est souvent exploitée par une seule capitale pour repousser, faire dérailler ou bloquer des décisions collectives.

La Hongrie, en particulier, est fortement critiquée pour avoir utilisé à plusieurs reprises ce pouvoir individuel afin d'entraver des accords clés, provoquant ainsi la frustration des autres États membres.

Cette tactique a été utilisée une fois de plus lundi, lorsque Budapest a bloqué le versement d'une nouvelle tranche de 500 millions d'euros d'aide militaire de l'UE à l'Ukraine, après la décision de Kyiv d'inscrire la banque OTP, le plus grand établissement commercial hongrois, sur la liste des "soutiens internationaux de la guerre".

La banque, ainsi que d'autres entreprises privées figurant sur la liste, rejette vigoureusement ces allégations. Elle estime que le raisonnement est incorrect et non objectif.

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