Haut Karabakh : plus de 6500 réfugiés sont arrivés en Arménie

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Par Euronews avec AFP
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Plus de 6500 réfugiés fuyant le Nagorny Karabakh sont entrés depuis dimanche en Arménie, qui a implicitement reproché à la Russie son manque de soutien après la victoire de l'armée azerbaïdjanaise contre les séparatistes de ce territoire en majorité peuplé d'Arméniens.

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"Les systèmes de sécurité extérieure dans lesquels l'Arménie est impliquée se sont révélés inefficaces pour protéger sa sécurité et ses intérêts", a martelé le Premier ministre arménien Nikol Pachinian dans une intervention télévisée.

Une allusion aux relations de longue date qu'entretient ce pays du Caucase avec Moscou, héritées de l'époque où il faisait partie, comme l'Azerbaïdjan voisin, de l'URSS.

A Erevan, la capitale arménienne, l'opposition, manifestant pour le sixième jour de suite, a accusé le Premier ministre de "détruire délibérément les relations de l'Arménie avec ses partenaires", par la voie de l'opposant Andranik Tevanyan s'adressant dimanche soir à la foule.

Signe du fort impact international de cette crise, le président turc Recep Tayyip Erdogan rencontrera lundi son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev dans l'enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, nichée entre l'Arménie et l'Iran.

Les deux dirigeants ont prévu d'y organiser une cérémonie de pose de la première pierre d'un nouveau gazoduc et d'inaugurer un complexe militaire azerbaïdjanais, une démonstration de force turque qui contraste avec le retrait apparent de la Russie de la région.

A cela s'ajoute une réunion prévue de longue date, le 5 octobre en Espagne, entre MM. Aliev et Pachinian, selon les autorités arméniennes.

Elle aura lieu à Grenade, avec le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et le président du Conseil européen Charles Michel.

Dimanche soir, le président français a estimé que Bakou "menace" la frontière commune et "l'intégrité territoriale" de l'Arménie.

"La France est très vigilante à l’intégrité territoriale de l'Arménie car c’est ça qui se joue", a-t-il dit dans une intervention télévisée. "On a aujourd'hui une Russie qui est complice de l'Azerbaïdjan, une Turquie qui a toujours été en soutien de ces manœuvres et un pouvoir qui est désinhibé et qui menace la frontière de l'Arménie".

Escortés par le contingent russe

Dimanche après-midi, les premiers habitants du Nagorny Karabakh, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, sont arrivés au centre d'accueil mis en place par le gouvernement arménien à Kornidzor, à la frontière arméno-azerbaïdjanaise.

Selon le gouvernement arménien, au total dimanche soir, ce sont 377 "personnes obligés à partir" qui sont passées côté arménien. Selon le dernier décompte du ministère russe de la Défense, 311 civils, dont 102 enfants, ont été escortés par la force de maintien de la paix russe côté arménien.

Les autorités du Nagorny Karabakh ont annoncé dimanche que les civils laissés sans logement en raison des dernières violences seraient transférés en Arménie avec l'aide des soldats de maintien de la paix russes, présents sur place depuis la précédente guerre, en 2020.

L'Azerbaïdjan s'est quant à lui engagé à permettre aux rebelles qui rendraient leurs armes d'aller en Arménie.

Et c'est par le même poste-frontière de Kornidzor que 23 ambulances transportant des "citoyens grièvement blessés" doivent passer, a précisé le ministère arménien de la Santé.

Craintes d'une fuite massive

Un homme interrogé par l'AFP à Kornidzor a déclaré avoir fait partie de la "résistance" jusqu'à ce que l'assaut donné par l'Azerbaïdjan oblige les rebelles mercredi à capituler.

"Nos familles étaient dans les abris. On était dans l'armée mais hier on a dû déposer nos fusils. Alors on est partis", a dit ce villageois d'une trentaine d'années qui attendait avec d'autres de se faire enregistrer dans le centre d'accueil.

Beaucoup craignent que la population locale ne fuie massivement, au moment où les forces azerbaïdjanaises resserrent leur emprise.

Car outre l'angoisse qui règne parmi les quelque 120.000 habitants du Nagorny Karabakh, la situation humanitaire y demeure très tendue.

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Encerclée par les troupes azerbaïdjanaises, sa "capitale", Stepanakert, est ainsi privée d'électricité et de carburant et sa population manque de nourriture et de médicaments, selon un correspondant de l'AFP.

Samedi, un premier convoi d'aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est néanmoins entré au Nagorny Karabakh, tandis que, de la tribune de l'ONU à New York, l'Arménie réclamait l'envoi "immédiat" d'une mission des Nations unies, réitérant ses accusations de "nettoyage ethnique".

Foule en colère

La tension est vive au poste-frontière de Kornidzor, où des dizaines d'Arméniens en colère cherchent à obtenir des nouvelles de leurs proches, a constaté l'AFP.

"Mon fils était dans l'armée dans l'Artsakh (le Nagorny Karabakh). Il est vivant mais je m'inquiète pour lui", raconte un homme de 43 ans.

Il dit "espérer que des groupes armés traverseront la frontière". "S'ils le font, j'irai avec eux pour sauver mon fils" de cette enclave montagneuse rattachée en 1921 par le pouvoir soviétique à l'Azerbaïdjan et qui a été par le passé le théâtre de deux guerres : l'une de 1988 à 1994 (30.000 morts) et l'autre à l'automne 2020 (6.500 morts).

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Illustration, côté azerbaïdjanais, des traces profondes laissées par l'histoire tourmentée de cette région, dans la bourgade de Beylagan, tout près du Nagorny Karabakh, une galerie de dizaines de portraits de personnes tuées il y a trois ans ou pendant le premier conflit, flanqués de drapeaux azerbaïdjanais, bordent l'artère principale.

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