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"Insupportable": l'Europe condamne l'agression présumée d'une adolescente iranienne dans le métro

DOSSIER - Une femme iranienne passe devant une peinture murale anti-américaine, peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, à Téhéran, en Iran, le samedi 2 novembre 2013.
DOSSIER - Une femme iranienne passe devant une peinture murale anti-américaine, peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, à Téhéran, en Iran, le samedi 2 novembre 2013. Tous droits réservés Ebrahim Noroozi/AP
Tous droits réservés Ebrahim Noroozi/AP
Par Joshua Askew avec AFP
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

"Une fois de plus, une jeune femme en Iran lutte pour sa vie. Juste parce qu'elle a montré ses cheveux dans le métro", dénonce la ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock.

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Les dirigeants européens et les groupes de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude face à l'"agression grave" d'une adolescente iranienne par la police des mœurs du pays. Cette agression présumée a laissé cette jeune fille dans le coma.

Selon l'ONG "Hengaw", basée en Norvège, Armita Garawand, 16 ans, a été physiquement agressée par des agents féminins de la police des mœurs iranienne, le 1er octobre dernier, alors qu'elle circulait dans le métro de Téhéran, sans son voile.

Sensibles à un éventuel tollé public, les autorités iraniennes ont démenti ces faits, l'agence de presse gouvernementale, "IRNA", affirmant que l'étudiante s'était "évanouie", parce qu'elle n'avait pas pris son petit-déjeuner.

Elle est actuellement en soins intensifs, et une forte présence sécuritaire a été signalée autour de l'hôpital.

"Une fois de plus, une jeune femme en Iran lutte pour sa vie. Juste parce qu'elle a montré ses cheveux dans le métro. C'est insupportable", a écrit mardi la ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, sur X, anciennement Twitter.

La nouvelle de l'incident a fait le tour des médias sociaux. Une vidéo en circulation prétend montrer des policiers poussant la jeune fille sans foulard. Son corps est ensuite traîné au loin.

 Armita Garawand a été blessée à la tête et s'est effondrée après avoir été poussée contre une barre métallique au cours de l'altercation, a rapporté le média d'opposition, "Iran International".

Les autorités iraniennes n'ont pas diffusé d'images de ce qui s'est passé à l'intérieur du métro, bien que chaque wagon du métro de Téhéran soit équipé de plusieurs caméras de vidéosurveillance.

"Iran Human Rights", une autre ONG basée en Norvège, appelle à une "enquête internationale indépendante", affirmant que Téhéran avait "une longue histoire de distorsion des faits et de dissimulation des preuves de ses crimes".

"La République islamique continue de harceler et de réprimer les femmes sous prétexte de lutter contre les violations du hijab obligatoire en Iran", affirme son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam.

L'adolescente, originaire de Kermanshah, dans l'ouest de l'Iran, est soignée à l'hôpital Fajr de Téhéran, selon l'ONG, "Hengaw".

L'agence a publié une photo d'elle dans un lit d'hôpital, reliée à une sonde gastrique et dont la tête et le cou sont recouverts de bandages.

Maryam Lotfi, une journaliste du quotidien réformateur, "Shargh", a été brièvement arrêtée alors qu'elle tentait d'interviewer la mère, précise l'ONG.

Les services de renseignement auraient fait pression sur les amis et la famille pour qu'ils nient le rôle de la police des mœurs, et auraient confisqué leurs téléphones pour empêcher que les photos ne soient diffusées dans les médias, note Iran International.

Les autorités iraniennes sont en état d'alerte. Cet incident survient un peu plus d'un an après la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire iranien.

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La mort de Mahsa Amini, après avoir apparemment reçu plusieurs coups violents à la tête de la part de policiers, a déclenché des manifestations dans tout le pays, lesquels ont constitué l'un des plus grands défis lancés au régime iranien depuis des années.

Plus de 550 personnes ont été tuées et près de 20 000 personnes ont été arrêtées, les forces de sécurité réprimant durement la contestation, rapporte "Iran Human Rights".

En Iran, la loi oblige les femmes à se couvrir les cheveux avec un foulard. Ces règles sont profondément impopulaires au sein d'une grande partie de la population, les femmes iraniennes étant de plus en plus nombreuses à ne pas porter leur hijab à la suite des troubles de l'année dernière.

Un nouveau projet de loi devrait bientôt entrer en vigueur et imposer de nouvelles sanctions aux femmes non voilées, alors que les autorités tentent de mettre un terme à la défiance à l'égard des règles.

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"Un an après le meurtre de Mahsa Jina Amini, détenue par l'État iranien après avoir été arrêtée à cause de son hijab, et après les centaines de meurtres commis par les forces de sécurité de l'État dans les rues lors des manifestations qui ont suivi, une autre jeune femme est dans un état critique et une autre famille iranienne se trouve dans la même situation déchirante", déclare Hadi Ghaemi, directeur exécutif du "Centre pour les droits de l'homme en Iran" (CHRI).

"L'histoire du gouvernement iranien en matière de violence contre les femmes et sa culture de l'impunité ne peuvent être niées", ajoute Hadi Ghaemi. "La communauté internationale doit s'unir pour imposer des coûts diplomatiques significatifs et coordonnés à un gouvernement qui tue régulièrement ses citoyens pour les réduire au silence."

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