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France : minute de silence dans les collèges et lycées et hommage au professeur assassiné à Arras

Minute de silence dans les collèges et lycées français
Minute de silence dans les collèges et lycées français Tous droits réservés NICOLAS TUCAT/AFP or licensors
Tous droits réservés NICOLAS TUCAT/AFP or licensors
Par Christelle Petrongari avec AFP
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Visites de ministres dans des établissements scolaires, minute de silence à 14h dans tous les collèges et lycées du pays, rassemblements : la France a rendu hommage lundi à Dominique Bernard, le professeur tué par un ancien élève radicalisé à Arras.

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La minute de silence à 14h était organisée "en mémoire des victimes des attentats commis contre notre école", selon le ministre de l'Education Gabriel Attal, qui avait prévenu qu'"aucune contestation" ni "provocation" ne serait "tolérée".

Devant le collège-lycée d'Arras où le professeur de lettres Dominique Bernard a été poignardé à mort vendredi et trois autres personnes blessées, beaucoup d'adolescents, certains avec leurs parents, étaient là.

"Il a été aimé par tout le monde, vraiment tout le monde", a raconté à l'AFP à la sortie Kader, 13 ans, élève de Dominique Bernard l'an dernier. "Je ne comprends pas pourquoi il est mort". "On est venus aussi pour retrouver nos professeurs, les soutenir", a confié Enzo Degrendele, 20 ans, élève en classe préparatoire dans le même établissement.

"Il y avait beaucoup d'émotion", a témoigné le président de la région Xavier Bertrand (LR), qui a donné des nouvelles des blessés : le plus grièvement touché, un agent technique, est "sorti d'affaire" et "devrait sortir de réanimation" dans "les jours qui viennent", et le professeur d'EPS blessé "mettra du temps à s'en remettre" mais "ses jours ne sont pas en danger". Le troisième, un agent, a repris le travail.

Les obsèques de Dominique Bernard auront lieu jeudi à la cathédrale d'Arras, en présence d'Emmanuel Macron.

"Extrêmement inquiétant"

Plusieurs dizaines d'élèves et enseignants avaient dû évacuer l'établissement dans la matinée, après un appel téléphonique signalant un objet explosif, selon une source proche du dossier.

"C'est absolument inadmissible et inacceptable", a déclaré Gabriel Attal, en dénonçant cette "168e alerte à la bombe" enregistrée dans une école "depuis la rentrée". A Colmar, un lycée a été évacué à la suite d’une alerte, selon le parquet.

Pour la minute de silence, Gabriel Attal était aux côtés de la Première ministre Elisabeth Borne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), au collège où enseignait Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie lui aussi assassiné dans un attentat islamiste le 16 octobre 2020.

"Trois ans plus tard, la barbarie et l’obscurantisme ont à nouveau frappé" mais "jamais la République ne pliera face au terrorisme", a déclaré Mme Borne.

Au lycée Edouard Herriot de Lyon, où Samuel Paty avait étudié en classe préparatoire, la minute de silence a été observée par les élèves et des enseignants visiblement éprouvés. Pour Hilal, 15 ans, "l'école, c’est la base de tout et c’est sacré en France". Il s'indigne que les professeurs soient ciblés "parce qu'ils apprennent à se créer un avis, avoir un peu d'ouverture d’esprit et (enseignent) qu’on peut se mélanger".

Les cours n'ont démarré qu'à 10h dans les collèges et lycées.

Trois jours après l'attentat d'Arras, Emmanuel Macron a promis que l'école resterait un "rempart contre l’obscurantisme" et "un sanctuaire pour nos élèves et pour tous ceux qui y travaillent", dans un message sur X (ex-Twitter).

Le chef de l'Etat, qui a présidé à la mi-journée une nouvelle réunion de sécurité, affiche sa détermination contre les porteurs de "haine". Il veut que les préfets passent au peigne fin le fichier des personnes radicalisées susceptibles d'être expulsées. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin souhaite ainsi accélérer l'expulsion de 193 étrangers radicalisés en situation irrégulière.

"C'est très dur"

Plusieurs villes avaient organisé des rassemblements.

Un gros millier de personnes se sont réunies en fin de journée place de la République à Paris, selon une journaliste de l'AFP, à l'appel de l'intersyndicale éducation d’Ile-de-France.

"C'est très dur. L'école laïque est visée, avec tout ce qu'elle représente", déclare à l'AFP Isabelle, 61 ans, professeure de philosophie à Paris. "C'est ma dernière année d'enseignement et je m'inquiète beaucoup pour mes jeunes collègues".

A Lyon, ils étaient plusieurs centaines, à observer là aussi une minute de silence. Quelque 600 personnes à Montpellier ont écouté la lecture de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs, suivie de La Marseillaise par une chanteuse lyrique, avant une minute de silence.

Trois ans après l'assassinat de Samuel Paty, qui avait suscité une émotion considérable, l'attentat d'Arras a de nouveau jeté l'effroi, en particulier chez les enseignants.

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Le gouvernement a renforcé la sécurité autour des établissements scolaires. Gabriel Attal réunira mardi les syndicats enseignants et mercredi les collectivités locales sur ce thème.

La France a été placée vendredi en alerte "urgence attentat", avec 7 000 soldats déployés sur le territoire. Depuis son arrestation, l'assaillant d'Arras, Mohammed Mogouchkov, qui a crié "Allah Akbar" selon des témoins, "ne s'est pas exprimé", selon une source policière. Plusieurs autres personnes étaient encore en garde à vue lundi soir.

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