Marche pro-palestinienne sous haute surveillance à Londres le jour de l'armistice

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Par Euronews avec AFP
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Des centaines de personnes ont commencé à se rassembler à Londres pour une marche pro-palestinienne organisée sous haute surveillance policière en ce week-end de commémorations de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

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La police a déclaré s'attendre à la présence de plus de 100 000 manifestants dans la capitale, venus réclamer un cessez-le-feu, cinq semaines après l'attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, qui en riposte bombarde massivement la bande de Gaza.

Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la capitale britannique pour éviter d'éventuels débordements lors de cette manifestation organisée contre l'avis du gouvernement, et qui a tourné à la crise politique ces derniers jours.

Le Premier ministre Rishi Sunak a prévenu le chef de la police londonienne Mark Rowley qu'il le tiendrait pour "responsable", en particulier si les manifestants perturbent les commémorations du Jour de l'Armistice, prévues au même moment dans la capitale.

"C'est grâce à ceux qui se sont battus pour ce pays et pour la liberté que nous chérissons que ceux qui souhaitent manifester peuvent le faire, mais ils doivent le faire de manière respectueuse et pacifique", a rappelé Downing Street dans un communiqué vendredi soir.

Le trajet de la marche, qui doit s'élancer à midi heure locale (et GMT), évite soigneusement le quartier de Whitehall, où doit avoir lieu la principale cérémonie.

A 11H00, des centaines de personnes rassemblées près du Cenotaphe, principal mémorial de la capitale, ont observé deux minutes de silence.

"Tendu et difficile"

Près de 2000 policiers sont mobilisés pour assurer à la fois la sécurité des commémorations et de la manifestation. Le responsable des opérations au sein de la police de Londres, Laurence Taylor, a souligné que ce week-end serait "particulièrement tendu et difficile".

Il s'attend notamment à ce que des contre-manifestants nationalistes, dont des hooligans, viennent sur place, augmentant les risques de confrontations.

Des altercations ont déjà eu lieu en milieu de matinée, lorsqu'un groupe de ces contre-manifestants a débordé un groupe de policiers chargés de protéger le quartier de Whitehall, complètement bouclé, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

La police avait arrêté près de 200 personnes lors de précédentes manifestations organisées - globalement dans le calme - depuis le 7 octobre, certaines soupçonnées d'actes de haine raciale.

Vendredi, deux adolescents ont été inculpés pour avoir tagué l'inscription "Free Palestine" sur un mémorial dédié aux soldats britanniques tués au combat dans la ville de Rochdale près de Manchester (nord de l'Angleterre).

"Message"

La ministre de l'Intérieur Suella Braverman a qualifié ces manifestations de "marches de la haine", affirmant que certains des organisateurs "ont des liens avec des groupes terroristes, dont le Hamas".

Cette tenante d'une ligne très conservatrice a suscité un flot de critiques après avoir publiquement accusé la police d'avoir "deux poids, deux mesures" dans sa gestion des manifestations, certains demandant son départ du gouvernement. Vendredi soir, elle a affirmé qu'elle "soutenait totalement" la police.

Depuis le début du conflit, le Royaume-Uni connait un essor d'actes antisémites et islamophobes.

La guerre a fait 1200 morts côté israélien, en majorité des civils tués dans l'attaque sans précédent le 7 octobre du Hamas, et 11 078 morts dans les bombardements menés en représailles par Israël dans la bande de Gaza, essentiellement des civils aussi, dont 4506 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Selon un sondage publié par le journal conservateur The Telegraph, 52% des Britanniques pensent que la marche aurait dû être interdite. Ils sont 72% parmi les électeurs conservateurs.

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