Conflit Israël-Hamas : l'Espagne cherche à faire entendre sa voix

Pedro Sánchez photographié lors du Conseil européen et du sommet de l'euro du mois dernier.
Pedro Sánchez photographié lors du Conseil européen et du sommet de l'euro du mois dernier. Tous droits réservés Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images
Par Saskia O'Donoghue avec AFP
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le Premier ministre Pedro Sánchez a entamé une tournée au Proche-Orient en proie au conflit Israël-Hamas.

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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est au Proche-Orient depuis mercredi 22 novembre. En plein conflit entre Israël et le Hamas, l'Espagne cherche à faire entendre sa voix. Historiquement proche du monde arabe, le pays s'efforce ainsi de promouvoir, au sein de l'Union européenne, une ligne plus favorable aux aspirations palestiniennes.

Reconduit il y a tout juste une semaine pour un nouveau mandat de quatre ans comme premier ministre, Pedro Sánchez a rencontré ses homologues, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou en Israël et le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

Pedro Sánchez est en Égypte ce vendredi, où il rencontrera le président Abdel Fattah al-Sissi et Ahmed Aboul Gheit, Secrétaire général de la Ligue arabe.

Ces rencontres seront l'occasion pour le Premier ministre espagnol de renouveler son appel à un cessez-le-feu durable à Gaza et à la tenue d'un sommet de paix urgent.

L'Espagne espère une solution politique au conflit entre Israël et les Palestiniens, sur la base de deux États.

L'Espagne, une voix en soutien des Palestiniens au sein de l'UE

Dans un discours prononcé mercredi dernier, Pedro Sánchez a promis que le "premier engagement" de son nouveau gouvernement en matière de politique étrangère serait de "travailler en Europe et en Espagne à la reconnaissance de l'État palestinien".

Dans le même temps, il s'est dit "du côté d'Israël" face à "l'attaque terroriste" commise par le Hamas le 7 octobre, mais a également appelé l'État juif à mettre fin à "l'assassinat aveugle de Palestiniens".

Selon Isaías Barreñada, professeur à l'université Complutense de Madrid, Pedro Sánchez espère que sa position aura "un effet d'entraînement" sur le reste de l'UE.

Cette prise de position intervient à un moment où de nombreux pays occidentaux font face à des critiques dans le monde arabe pour avoir été apparemment trop favorables à Israël.

En 2014, sous un gouvernement conservateur, le Parlement espagnol a adopté une résolution appelant à la reconnaissance de l'État palestinien, soutenue par tous les partis politiques.

Le vote n'était toutefois pas contraignant et n'a été suivi d'aucune action.

Au sein de l'UE, plusieurs pays reconnaissent l'Etat palestinien.

Il s'agit notamment de la Suède, de la Hongrie, de Malte et de la Roumanie, mais aucun des principaux États membres de l'UE ne l'a fait, ce qui signifie que l'Espagne pourrait devenir un pionnier.

En début de semaine, Josep Borrell, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité - et ancien ministre de Pedro Sánchez - a affirmé au quotidien espagnol, "El Pais", que l'Espagne était un pays ayant "une sympathie plus claire pour le monde arabe".

Des personnes affichent des banderoles sur lesquelles on peut lire ''Gaza nous sommes tous'' et ''Paix'', lors d'une manifestation contre l'offensive israélienne sur Gaza
Des personnes affichent des banderoles sur lesquelles on peut lire ''Gaza nous sommes tous'' et ''Paix'', lors d'une manifestation contre l'offensive israélienne sur GazaAlvaro Barrientos/AP

Des relations hispano-arabes historiques

Géographiquement proche du Maghreb, l'Espagne s'est tournée vers les pays arabes pendant la dictature franquiste, de 1939 à 1975, afin de contourner son isolement en Occident.

Ce n'est qu'en 1986 que le pays a établi des relations officielles avec Israël.

Cette date relativement tardive est la conséquence des tensions nées de l'opposition de l'État hébreu à l'entrée de l'Espagne à l'ONU à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en raison de sa proximité avec l'Allemagne nazie.

Madrid est ensuite allé jusqu'à jouer les médiateurs, accueillant ainsi en 1991 une Conférence de paix, avec pour la première fois l'ensemble des parties arabes en conflit direct avec l'Etat hébreu: Palestiniens, Syriens, Jordaniens et Libanais.

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Deux ans après cette conférence, les accords d'Oslo, à travers lesquels Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) se reconnaissaient mutuellement, étaient signés à Washington.

Mais globalement, l'Espagne reste perçue par de nombreux acteurs comme pro-arabe. Fin octobre, une mini-crise diplomatique a même éclaté avec l'ambassade d'Israël après des déclarations controversées d'une ministre espagnole d'extrême gauche qui avait parlé d'un "génocide planifié" à Gaza.

Au vu des divergences au sein de l'UE, "il est difficile d'imaginer que l'Espagne ait la capacité de réorienter la position européenne" mais "elle peut contribuer à montrer qu'il existe au sein de l'UE des sensibilités différentes", estime Isaías Barreñada.

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