La police a dû disperser des centaines de manifestants devant le parlement israélien à Jerusalem ce lundi. Ils réclament un accord avec le Hamas pour obtenir la libération des otages toujours détenus à Gaza.
Des manifestations antigouvernementales ont éclaté en Israël, quelques heures seulement après que le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu a approuvé les plans visant à s'emparer de la totalité de la bande de Gaza.
Des centaines de personnes se sont rassemblées devant la Knesset, le parlement israélien, pour réclamer un accord avec le Hamas afin d'obtenir la libération des otages encore détenus à Gaza.
Le cabinet israélien a approuvé le projet de s'emparer de la totalité de la bande de Gaza et de rester dans le territoire palestinien pour une durée indéterminée, ont déclaré deux responsables israéliens, une décision qui, si elle était mise en œuvre, étendrait considérablement les opérations d'Israël dans cette région et susciterait probablement une opposition internationale.
Les détails du plan n'ont pas été officiellement annoncés, ni son calendrier ni sa mise en œuvre ne sont clairs à ce jour. Son approbation est intervenue quelques heures après le rappel par l'armée de dizaines de milliers de soldats de réserve.
Mais selon certains analystes, il pourrait aussi s'agir d'une nouvelle mesure prise par Israël pour tenter de pousser le Hamas à faire des concessions dans le cadre des négociations sur le cessez-le-feu.
"Il n'y a aucune raison de poursuivre cette guerre. Ce que nous avons fait pendant un an et demi, ce que nous avons fait pendant un an et demi et que nous n'avons pas réussi, nous ne pourrons pas le faire maintenant", a déclaré Miri Wolf, l'une des manifestantes.
"Ils (le gouvernement israélien) veulent simplement tenir la bande de Gaza et y établir une nouvelle colonie. Ils y resteront, des soldats seront tués et les otages reviendront dans des sacs noirs. Voilà ce qui se passera", a-t-elle ajouté.
Le nouveau plan, qui, selon les responsables, est destiné à aider Israël à atteindre ses objectifs de guerre, à savoir vaincre le Hamas et libérer les otages, prévoit également le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens vers le sud de la bande de Gaza.
Cela reviendrait probablement à les déplacer de force et à exacerber une crise humanitaire déjà quasi insurmontable.
Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres s'est ce lundi dit "alarmé par ces informations de plans israéliens pour étendre les opérations terrestres et prolonger la présence militaire à Gaza."
Depuis qu'Israël a mis fin au cessez-le-feu avec le groupe militant du Hamas à la mi-mars, il a lancé de nouvelles frappes sur le territoire qui ont tué des centaines de personnes. Il s'est emparé de pans entiers de territoire et contrôle désormais environ la moitié de l'enclave.
Avant la fin de la trêve, Israël a interrompu toute aide humanitaire dans le territoire, y compris la nourriture, le carburant et l'eau, déclenchant ce qui est considéré par beaucoup comme la pire crise humanitaire en près de 19 mois de guerre.
19 mois de guerre et des milliers de morts
La guerre a commencé lorsque des militants du Hamas ont attaqué le sud d'Israël le 7 octobre 2023, tuant environ 1 200 personnes, pour la plupart des civils.
Le Hamas a pris 251 personnes en otage et en détient actuellement 59, dont 24 seraient encore en vie.
L'offensive israélienne qui a suivi a tué à ce jour 52 400 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, selon le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, dont les chiffres ne font pas de distinction entre les combattants et les civils.
L'armée israélienne affirme que 850 de ses soldats sont morts depuis le début de la guerre.