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"Liste de génocidaires", caricature antisémite : le professeur de Lyon 2 suspendu

Le campus universitaire face au Rhône.
Le campus universitaire face au Rhône. Tous droits réservés  MARC1997FR/ Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license.
Tous droits réservés MARC1997FR/ Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license.
Par Nathan Joubioux & Serge Duchêne
Publié le Mis à jour
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Dans un communiqué publié ce mercredi 3 décembre, l'université annonce la suspension à titre conservatoire de Julien Théry, professeur d'histoire épinglé pour avoir partagé sur ses réseaux sociaux des publications antisémites.

Après quelques semaines de tumulte et d'émoi, le couperet est tombé : la direction de l'université Lyon 2 annonce la suspension "à titre conservatoire" de Julien Théry. Le professeur d'histoire avait été épinglé il y a une dizaine de jours par le syndicat étudiant de droite l'UNI, pour avoir partagé sur ses réseaux sociaux une liste de "20 génocidaires à boycotter en toute circonstances".

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Cette publication qui avait poussé la direction de l'université à saisir le procureur de la République de Lyon avant qu'une enquête ne soit ouverte sur cette affaire.

Cette semaine encore, Julien Théry, professeur d'Histoire et chercheur au CIHAM (Histoire, archéologie, littérature des mondes chrétiens et musulmans médiévaux) s'est à nouveau retrouvé dans le viseur de cet syndicat étudiant qui se revendique de droite.

Sur leur compte X, le syndicat indique avoir découvert "avec stupeur" le partage d'une "caricature" qu'il qualifie d'"antisémite". Cette image, partagée le 20 janvier 2024 sur le compte Facebook du professeur, montre une personne juive, porteur d'une kippa et d'une étoile de David, en train de voler le contenu d'un sac d'une personne sur laquelle un drapeau palestinien a été accolé.

De nouveau, le syndicat appelle la présidence de l'université à prendre "des mesures disciplinaires immédiatement à l'encontre de cet antisémite notoire", assurant qu'il ne faut "rien laisser passer".

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) "condamne une nouvelle fois le caractère antisémite des propos de l'image partagée". À Euronews, l'organisation a confiée "examiner les possibilités d'une action en justice" et dit "espérer que cela puisse déboucher à une condamnation".

L'université Lumière-Lyon II n'a pas répondu, ce mardi, à nos demandes de commentaire.

"Lettre ouverte de la honte"

C'est donc la seconde fois que Julien Théry se retrouve dans le viseur de l'UNI Lyon. La semaine passée, le syndicat étudiant avait demandé des sanctions similaire à son encontre. En cause, le partage d'une liste de "génocidaires à boycotter en toutes circonstances".

Le professeur avait partagé une liste à l'origine publiée, le 20 septembre, par Sophie Trégan, autrice de billets sur le Club Mediapart (section blog du site). Dans cette "lettre ouverte de la honte", comme elle l'a appelé, elle critiquait les personnalités ayant signé une tribune publiée dans Le Figaro Vox visant à empêcher la reconnaissance de la Palestine. "Depuis leur résidence luxueuse, à 5 000 kilomètres des bombes et des massacres de dizaines de milliers de civils, des bourgeois ont pris leur plus belle plume pour écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron", avait-elle écrit.

Parmi les signataires de cette tribune se trouvaient, notamment, le présentateur Arthur Essebag, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France Yonathan Arfi, l'auteur de bandes dessinées Joann Sfar, ou encore le philosophe Bernard-Henri Lévy.

Le partage de cette liste avait été condamné par l'UNI Lyon et par la Licra, qui parlait alors d'"attitude ignominieuse". Le président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale et ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait pointé ce qui, selon lui, relève de "l'antisémitisme ordinaire d'extrême gauche dans nos universités".

"Un déferlement de haine"

Dans un communiqué publié ce lundi 1er décembre, les syndicats CGT Lyon 2 et Sud Éducation Lyon 2 ont appelé à l'arrêt de "la stigmatisation" de l'université. "Depuis le 21 novembre, notre collègue Julien Théry [...] est victime d’un déferlement de haine et de mensonge à son encontre. [...] Partie d’un tweet manipulatoire de la Licra, reprise par un média local, puis diffusée par la presse de droite et d’extrême droite, cette polémique a aussi été portée par des personnalités politiques de droite", reprochent les syndicats.

"Notre collègue n’a fait que réagir politiquement à cette tribune, et en aucun cas celui-ci n’a constitué une liste de personnalités au nom de leur origine supposée, ce qu’aucune organisation syndicale n’aurait bien évidemment pu soutenir", précisent-ils.

Ils reprochent également à la présidente de l'université de s'être associée "à ce concert de calomnies en condamnant fermement". "Plutôt que de soutenir un de ses agents, qui se trouve menacé personnellement par l’extrême droite et qui subit du harcèlement et des menaces envers des membres de sa famille, la présidence crie avec la meute et livre notre collègue à une vindicte d’une violence extrême", est-il écrit.

Sur le Club Mediapart, une tribune en soutien à Julien Théry a été publiée ce lundi. "La violente campagne de haine contre l’historien Julien Théry, fondée sur une grossière manipulation, participe d’une offensive générale contre les libertés universitaires. Faute de réaction rapide, cette vague de censure posera une chape de plomb sur la recherche et la vie intellectuelle françaises", est-il écrit en préambule.

Cette tribune a été signée par de très nombreuses personnes, telles que Clémence Guetté, vice-Présidente de l'Assemblée nationale, Nadège Abomangoli, première vice-Présidente de l’Assemblée nationale, Gabriel Amard, député LFI du Rhône. Plusieurs institutions se sont également joints à la liste, telles que le collectif 69 Palestine et l'Union Juive Français pour la Paix.

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