Le président estonien a déclaré à Euronews que l’Europe doit renforcer ses capacités de défense pour éviter de « mettre à l’épreuve l’article 5 » de l’OTAN. Il a ajouté que le bloc a longtemps été « naïf » quant à sa sécurité.
Le président estonien Alar Karis a déclaré à Euronews qu’il restait convaincu que les États-Unis respecteraient l’article 5 de la défense collective de l’OTAN, et ce malgré une phase de turbulences dans la relation transatlantique sous Donald Trump.
Depuis son retour à la Maison-Blanche l’an dernier, le président américain a ébranlé les fondements de la relation entre les deux blocs, en imposant des droits de douane à l’Union européenne et en qualifiant ses dirigeants de « faibles » et « décadents ».
Pour autant, le président Karis affirme que Washington viendrait au secours de l’Europe en cas d’attaque contre un pays allié. L’article 5 est la pierre angulaire de l’OTAN et oblige les alliés à se porter assistance sur le principe qu’« une attaque contre l’un est une attaque contre tous ».
Sans l’article 5, estiment les analystes de la défense, l’OTAN serait gravement affaiblie et réduite à l’impuissance en tant qu’alliance défensive. Pour amadouer Trump, les alliés européens ont accepté de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB lors d’un sommet de l’OTAN l’été dernier.
« Nous ne sommes pas inquiets », a assuré le président Karis, interrogé sur les craintes de voir Washington revenir sur ses engagements en matière de sécurité collective, lors d’un entretien accordé à Euronews en marge du World Governments Summit de Dubaï.
Il a toutefois estimé que l’Europe ne devait pas mettre l’article 5 à l’épreuve et devait se concentrer sur le renforcement de ses capacités de défense, jugeant que le continent avait été « naïf » en reléguant au second plan sa sécurité après l’effondrement de l’Union soviétique.
« Nous ne voulons pas tester l’article 5, mais nous devons être prêts à nous défendre nous-mêmes », a-t-il déclaré.
« Après la chute du mur de Berlin, nous avons pensé que les guerres étaient terminées et que nous nous développions à toute vitesse, mais si l’on regarde l’histoire, c’est le récit de milliers d’années de conflits », a-t-il ajouté.
« Nous devons être préparés et faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Ou au moins en repousser l’échéance », a mis en garde le président estonien au micro d’Euronews.
Regardez l’intégralité de l’entretien avec le président estonien Karis dans The Europe Conversation.