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Les États-Unis durcissent les conditions d'entrée : quelles données les voyageurs doivent-ils désormais divulguer ?

Les États-Unis durcissent les conditions d'entrée : Quelles données les voyageurs doivent-ils désormais divulguer ?
Les États-Unis durcissent les conditions d'entrée : Quelles données les voyageurs doivent-ils désormais divulguer ? Tous droits réservés  AP Photo
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Par Euronews
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Dès à présent, les voyageurs se rendant aux États-Unis sans visa risquent d'être soumis à des contrôles plus stricts. Ils devront obligatoirement déclarer leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années. Les Français sont concernés.

Voyager aux Etats-Unis est désormais synonyme de contrôles d'entrée plus stricts qu'auparavant. Les touristes internationaux désirant entrer aux États-Unis sans visa devront dorénavant se soumettre à ces nouvelles règles.

Pour les voyageurs, cela signifie la divulgation de nombreuses données personnelles des années précédentes. Les activités sur les réseaux sociaux seront notamment examinées de près.

Les règles d'entrée renforcées concernent entre autres les voyageurs en provenance de France, de Grande-Bretagne, du Japon, d'Israël ou encore d'Allemagne, tous des pays alliés des Etats-Unis.

Quel est le contexte de ces règles renforcées ?

En décembre, le ministère américain de la Sécurité intérieure a émis un décret selon lequel les touristes devront à l'avenir fournir beaucoup plus d'informations personnelles qu'auparavant lors de leur demande d'entrée sur le territoire américain via le système électronique d'autorisation de voyage ESTA.

La nouvelle réglementation concerne les séjours touristiques d'une durée maximale de 90 jours et ne s'applique pas aux séjours plus longs aux États-Unis.

Quelles données seront demandées à l'entrée ?

Les personnes entrant sur le territoire des États-Unis devront fournir des informations sur leurs activités sur les réseaux sociaux au cours des cinq dernières années. Il s'agit apparemment de comptes d'utilisateurs sur des plateformes telles que X, Facebook ou Instagram, les mêmes déjà concernés lors des demandes de visa.

En outre, le nombre total de données personnelles demandées aux voyageurs se rendant aux États-Unis grimpe en flèche. Il s'agit notamment de tous les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années ainsi que de toutes les adresses e-mail des dix dernières années.

En outre, des informations détaillées sur les membres de la famille doivent être fournies, notamment les dates de naissance, les adresses et les numéros de téléphone.

De quoi dépend l'entrée en vigueur de la réglementation et quand ?

L'ordonnance du ministère américain de la sécurité intérieure du 10 décembre prévoyait un délai d'opposition de 60 jours. Si la nouvelle réglementation n'est pas contestée juridiquement d'ici là, elle s'appliquera automatiquement.

Les autorités estiment que la collecte de ces données supplémentaire allongera d’environ 30 minutes le temps nécessaire pour compléter une demande ESTA, mais certains experts anticipent des conséquences beaucoup plus larges.

Les agences de voyages, compagnies aériennes et intermédiaires comme les services de préparation ESTA ou de visas recommandent déjà à leurs clients de préparer leurs dossiers numériques longtemps à l’avance. Une démarche qui peut s’avérer longue et complexe pour certains profils de voyageurs.

Comment les États-Unis justifient-ils le renforcement des contrôles ?

L'administration Trump justifie ces conditions strictes par la protection des Etats-Unis contre les "terroristes étrangers et autres menaces à la sécurité nationale". Par le passé, les conditions de visa pour les étudiants et les professionnels ont déjà été durcies.

Désormais, ils doivent eux aussi fournir des informations complètes sur leur personne et leur passé. Pour les citoyens de certains pays, l'octroi de visas est même complètement suspendu.

Quelles sont les critiques ?

La commissaire fédérale allemande à la protection des données et à la liberté d'information, Louisa Specht-Riemenschneider, s'est montrée préoccupée par les modifications apportées au programme ESTA. Selon un porte-parole de Specht-Riemenschneider, les voyageurs devraient bien réfléchir s'ils sont prêts à fournir autant de données personnelles aux autorités américaines. Parallèlement, les informations supplémentaires augmentent la probabilité d'erreurs dans le processus de demande.

Des critiques émanent également des États-Unis : les démocrates et les scientifiques reprochent au gouvernement Trump d'évaluer les activités en ligne des dissidents afin de tenir certains groupes de visiteurs à l'écart du pays. Ainsi, les profils de médias sociaux des étudiants étrangers sont notamment examinés pour déterminer leur position vis-à-vis d'Israël.

Une pratique répandue ?

Si elle demeure particulièrement poussée dans le cas américain, la pratique n’est pas totalement isolée dans le monde. En Amérique latine, certains pays ont déjà intégré une dimension numérique dans leurs procédures de visa. La Colombie demande ainsi explicitement aux candidats de fournir leurs noms d’utilisateur sur des plateformes comme Facebook, Instagram ou X lors de la demande de visa.

Dans d’autres régions du monde, l’intégration formelle des profils numériques reste moins systématique : ni le Canada ni la plupart des pays européens ne demandent actuellement des historiques complets de réseaux sociaux pour pénétrer sur leur territoire ou pour des visas courts, par exemple pour les déplacements professionnels ou touristiques.

Cependant, des pratiques de vérification des contenus publics se généralisent dans les procédures de visas de long séjour ou dans les contrôles de sécurité, notamment pour des demandes d’emploi, d’études ou de résidence, où les profils en ligne peuvent être utilisés pour vérifier l’exactitude des informations fournies.

Dans le cas des États-Unis, l’entrée en vigueur de ces procédures supplémentaires pourrait accentuer la désaffection des visiteurs étrangers. En 2025, le nombre de voyageurs internationaux a reculé de 6%, alors que les flux mondiaux sont en hausse. Un indéniable "effet Trump", combiné à d'autres facteurs, comme la flambée des prix.

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